La torture au nom de la sécurité d’état ?

CGC
Aux USA, après l’attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le vote d’une loi «  le patriot act »,  761personnes furent arrêtées et détenues de façon arbitraire avant d’être ultérieurement innocentées.
Plus grave, des étrangés furent arrêtés lors de l’intervention américaine en Afghanistan parce que soupçonnés d’être membres du groupe terroriste « AL QAÏDA » et incarcérés dans divers endroits tel le camp de Guantanamo et dans des prisons secrètes en Pologne et en Roumanie.
Ils furent torturés au nom de la sécurité de l’état américain. Ils furent entre autre détenus dans le noir, plongés dans des bains glacés, privés de sommeil pendant une semaine, frappés, harcelés psychologiquement, victimes de simulacre d’exécution… . Ceci au total mépris des principes démocratiques, des lois et des règles encadrant toute détention et des engagements internationaux américains.
LA TORTURE EST UN REMÈDE PIRE QUE LE MAL !!! .
Mais la question centrale qu’il faut se poser est la suivante : la torture peut-elle être utilisée pour résoudre les problèmes de sécurité des états et dans la lutte contre le terrorisme ?. Et à titre d’exemple, on cite très souvent le cas d’une bombe placée par un terroriste et qui risque à tout moment d’exploser et de faire des dizaines de victimes et ledit terroriste ayant été arrêté ; peut-on le torturer pour le faire parler afin d’obtenir des aveux et sauver ainsi des vies humaines ? Par ignorance nombre de personnes répondront par l’affirmative.
Outre le fait que le résultat n’est pas acquis d’avance car nombre de détenus ne parlent pas et meurent sous la torture (ex : Jean MOULIN). Mais surtout dans ce genre de pratique LE DERAPAGE EST ASSURE !!! .  IL N’Y PAS DE TORTURE PROPRE. Et l’exemple américain le montre bien.
LA TORTURE EST UN MODE DE GOUVERNEMENT DÉTESTABLE QUI RUINE NOS IDÉAUX LES PLUS SACRES

Par dérapages successifs, la torture devient un mode de gouvernement. Ainsi telle est la situation à l’échelle du globe aujourd’hui. Sur les quelques sept milliards d’êtres humains qui peuplent la planète ; 4 milliards d’entre eux ne peuvent pas s’exprimer librement. Et sur les quelques 193 états adhérents à l’ONU, dans 100 d’entre eux, toute tentative d’exercer les droits fondamentaux qui nous sont reconnus dans la déclaration universelle des droits de l’homme (liberté de pensée et d’exprimer celle-ci) se traduit par arrestation, emprisonnement et… torture. Celle-ci devient un moyen courant de maintien de l’ordre.
Loin de résoudre les problèmes de sécurité, la torture est une arme terrible qui finit par détruire l’état de droit censé régir la vie collective, ruine le système de la démocratie parlementaire et toute idée de vivre ensemble de façon pacifique. Par l’arbitraire qu’elle impose, elle touche au plus profond l’être humain et porte une terrible atteinte à sa dignité.
Enfin, elle porte atteinte à la civilisation humaine basée sur le plein et entier respect de l’être humain.
J’aime à rappeler pour conclure cette belle phrase d’Albert CAMUS : «  nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages, mais notre rôle n’est pas de les déchaîner à travers le monde, il est de les contrôler en nous et chez les autres ».
Christian Gérard CLUZEAU
Co-fondateur de la section française d’AMNESTY INTERNATIONAL (mouvement mondial de défense des droits de l’homme partout dans le monde) et adhérent à cette organisation de façon continue depuis 39 ans.
Cet article a été publié dans Démocratie, Etat et marquée , .

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