Y a-t-il une autre alternative à la politique de l’offre ?

bleublancrouge
Le débat politique actuel en France porte sur la question centrale suivante : Quelle politique économique à développer pour sortir la France du déclin relatif – mais qui pourrait devenir définitif – qui est le sien aujourd’hui ?
Deux écoles s’affrontent :
- Les tenants de la POLITIQUE DE L’OFFRE :
Ces derniers, tournés délibérément vers l’économie de marché, ont accepté la mondialisation et veulent procéder à d’importantes réformes de structures (simplification du millefeuille administratif de la France, transfert au moins partiel des charges des entreprises vers le consommateur et le contribuable, diminution de la paperasse et des normes, simplification du code du travail, etc…) pour redonner aux gens le goût et l’envie d’entreprendre.
Leur objectif est d’avoir en France des entreprises compétitives capables d’affronter la concurrence devenue mondiale en produisant des biens et des services innovants et à haute valeur ajoutée que les pays émergents ne produisent pas encore.
- Les tenants de la POLITIQUE DE LA DEMANDE :
Partisans de la dé-mondialisation, ceux-ci sont opposés à l’austérité et pensent que les difficultés actuelles de la France sont dues à une insuffisance de la demande des citoyens. Et qu’il faut donc relancer celle-ci par la mise en place de mesures budgétaires favorables à la consommation (baisse des impôts, augmentation des bas salaires) quitte à laisser filer les déficits… . Selon eux, l’augmentation de la consommation ainsi réalisée va donc susciter des rentrées fiscales supplémentaires permettant de rééquilibrer les comptes.
Pour séduisante qu’elle soit, la politique de la demande ne tient pas la route. Voilà pourquoi.
ELLE MECONNAIT LE NOUVEL ENVIRONNEMENT GEO-POLITIQUE ET ECONOMIQUE MONDIAL
La mondialisation, c’est avant tout une gigantesque redistribution des rôles de production dans le monde. Dans les années 50, la compétition économique mondiale – à titre principal – se déroulait entre les USA, l’Europe de l’ouest et le Japon. Puis au début des années 60, elle s’est étendue aux « tigres asiatiques » (Corée du Sud, Taïwan). Ensuite, dans les années 70, cette compétition économique s’est étendue aux autres pays asiatiques et au Maghreb. Enfin dans les années 80, deux géants asiatiques (Chine, Inde) sont entrés dans la dance.
Aujourd’hui, la compétition économique est vraiment devenue mondiale car l’Afrique et l’Amérique du Sud (Brésil notamment) sont devenues des compétiteurs très dynamiques.
Et tous ces nouveaux entrants – qui produisent à bas coûts – inondent nos marchés et nous livrent une concurrence féroce. Nos coûts de production élevés font que nous ne pouvons pas être compétitifs sur les produits de bas de gamme.
Aujourd’hui le nouvel atlas de la croissance économique mondial est le suivant :
- Chine : 7 à 8 %
- Inde : 6 à 7 %
- Afrique : 5 %
- Amérique du sud : 3 à 4 %
- Amérique du nord : 2 à 3 %
- Europe : 1 à 1,5 % (dont la France 0,5 %)
Enfin, précisons que 80 % des produits et biens exportés dans le monde sont de nature industrielle et que l’essentiel de la croissance mondiale est réalisée dans les pays émergents dont les populations ne demandent pas mieux que de consommer davantage… .
L’INQUIETANT DECROCHAGE DE LA FRANCE
Et la France – me direz-vous – comment se situe-t-elle dans ce nouvel ordre économique mondial ?
La France, notre pays, est entrée dans une phase de déclin économique relatif et le décrochage définitif nous guette. En 30 ans, la production industrielle dans le P.I.B (produit intérieur brut) est passée de 30 % à 16 % seulement avec à la clé 400 000 chômeurs. Tant en Europe que dans le monde, nos parts de marché diminuent et globalement nous faisons moins bien que nos concurrents. Cet affaiblissement du pays se mesure au niveau de la balance commerciale de la France qui – depuis 12 ans – collectionne les déficits. Alors qu’en 2013 la balance commerciale de l’Allemagne a enregistré un excédent record de 198,5 milliards d’euros, notre balance commerciale connaît ces dernières années des déficits se situant entre 60 et 70 milliards d’euros.
Enfin, en France – 5ème exportateur mondial néanmoins – 1 salarié sur 4 environ, travaille pour l’exportation et toute dégradation de notre balance commerciale par perte de parts de marché se traduit par des milliers de chômeurs en plus.
LA FRANCE EST AU BORD DE LA FAILLITE FINANCIERE
Depuis 40 ans maintenant, notre pays vit globalement au-dessus de ses moyens. Depuis 1974, le budget de l’état a été systématiquement prévu et réalisé en déséquilibre financier et la dette publique de la France vient de dépasser le cap des 2 000 milliards d’euros de déficit cumulé. A celui-ci s’ajoutent les dettes des collectivités territoriales (173 milliards d’euros) et de la sécurité sociale (au niveau de la CADES : 159 milliards d’euros). Bref, cela représente par citoyen adulte et enfant, une dette moyenne de 35 000 euros. Ces dernières années, nous enregistrons en France un excès de dépenses de l’ordre de 100 milliards d’euros environ soit 1 500 euros en moyenne par citoyen.
Ce qu’il faut bien comprendre ici c’est que notre situation d’endettement ne résulte pas d’un simple accident de parcours qui autoriserait un décrochage financier supplémentaire passager afin de passer un mauvais cap mais d’un laxisme délibéré des différentes majorités qui se sont succédées depuis 40 ans en laissant filer les déficits. François BAYROU est le seul homme politique français qui se soit alarmé de cette dérive et qui n’a cessé depuis 12 ans d’alerter l’opinion publique.
Aujourd’hui, nous arrivons au bout du bout de ce système car nous sommes sous  la surveillance de l’Europe (auprès de laquelle nous avons pris des engagements non tenus antérieurement) et surtout à la merci des marchés financiers de plus en plus méfiants qui financent nos déficits. Enfin ce laxisme financier finit par nous coûter très cher car nous versons chaque année 46 milliards d’euros en intérêts bancaires sur des capitaux empruntés que n’arrivons pas à rembourser !!! .
Dans ces conditions, la relance de la consommation – à crédit – en laissant filer les déficits est suicidaire.
LA FRANCE NE VIT PAS EN AUTARCIE
Relancer l’activité économique par la demande et la consommation est largement illusoire parce que une part importante des produits consommés sont importés car nous ne les fabriquons pas. Les emplois correspondants, les cotisations sociales payées sur les salaires et autres impôts et taxes versés le sont dans les pays fabricants et non en France.
Dans les pays développés, les besoins ordinaires sont largement satisfaits surtout avec le déclin démographique de certains pays et aujourd’hui, les espoirs de croissance économique se situent principalement dans les pays émergents.
Il est donc crucial pour la France d’être capable d’offrir à ces nouveaux consommateurs mondiaux des produits et des biens, de qualité, innovants, à forte valeur ajoutée avec un service après-vente performant pour se différencier de nos concurrents .
Il faut passer pour la France d’une économie dont le principal moteur d’activité était la consommation intérieure à crédit à une économie dont le principal moteur d’activité sera la production en France par des entreprises françaises et étrangères et l’exportation vers le monde entier de produits et de biens cités ci-dessus.
Et pour cela, la France doit changer de modèle de fonctionnement et de gouvernance. Elle doit retenir les critères qui ont fait la réussite de nos voisins et concurrents. C’est donc une véritable révolution culturelle et managériale qu’elle doit entreprendre dans les domaines de la production de richesses, d’administration générale du pays.
Le salut de la France est à ce prix si elle ne veut pas devenir un simple spectateur de l’histoire qui se fera sans elle.
Christian Gérard CLUZEAU
Délégué départemental
Cet article a été publié dans Développement, Economie, Etat, François Bayrou.

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