24,85 %

La France selon Marine !
C’est le score que vient de réaliser la liste du front national aux dernières élections européennes.
Je suis abasourdi et effaré par une telle progression après les 17,81 % de Marine LEPEN lors de l’élection présidentielle de 2012. Soit 7 points de mieux.
Certes, celui-ci a été obtenu avec une très forte abstention et cela veut dire aussi que 75 % des électeurs qui se sont prononcés ont fait un autre choix ; mais quand même…
GRAVE si l’on ajoute à ce score ceux des autres mouvements anti-européens, les 3,82 % de la liste DUPONT-AIGNANT et les 6,61 % de la liste du Front de gauche ainsi que les voix de l’extrême gauche. Au total, ce sont presque 37 % des électeurs qui ont émis un vote protestataire non constructif.
Le moins qu’on puisse dire c’est que la France notre pays est très malade et qu’un tel désaveu sape dangereusement les bases de notre démocratie. Comment en est-ton arrivé là ?
J’ACCUSE NOS ÉLITES POLITIQUES DE NE PAS AVOIR FAIT LEUR TRAVAIL
La démocratie- rappelons-le – c’est le gouvernement du peuple, pour le peuple et – on l’a très souvent oublié – par le peuple qui détient le pouvoir suprême. Et en démocratie, le simple citoyen est un roi républicain. Celui-ci – idéalement – devrait proposer à chacun de ses compatriotes un véritable projet de société.
Mais hélas, en réalité dès que l’on s’éloigne des préoccupations immédiates des gens, c’est très souvent le vide sidéral chez un grand nombre d’entre eux qui sont de surcroît souvent mal informés…. quand leurs manifestations citoyennes ne se limitent pas à la seule défense des intérêts acquis.
Du moins pouvait-on espérer que globalement, tous les aspects de la conduite des affaires de la nation soient abordés et traités lors du débat politique public. Or, il n’en est rien.
Depuis une vingtaine d’années, les différentes majorités politiques qui se sont succédées aux commandes du pays ont religieusement refusé d’aborder les sujets qui fâchent :
endettement public faramineux, réforme administrative de la France et redéfinition des missions de l’état, réforme du marché du travail et de la formation professionnelle, refondation du monde de l’entreprise avec rénovation du dialogue social, allègement des charges sociales et administratives des entreprises pour que celles-ci puissent lutter à armes égales avec les voisines européennes… tels sont les principaux sujets non traités à ce jour par nos leaders politiques. A cela s’ajoute souvent un déni des réalités des corps constitués (syndicats et autres organismes professionnels) arc-boutés sur des positions très souvent archaïques et dépassées et soucieux avant tout de défendre leurs acquis
La mondialisation caractérisée par une très vive concurrence et l’émergence de nouvelles puissances économiques nous oblige de façon urgente à changer notre modèle de fonctionnement. La France est aujourd’hui isolée sur une voie de garage. Les réformes profondes à entreprendre sont connues depuis au moins 20 ans et il manque à nos élites un courage politique pour les réaliser. Les appareils politiques du duopole UMP-PS qui ont accaparé les rouages du pays ont confisqué à leur profit partisan l’exercice du pouvoir politique dans notre pays. Il en résulte à terme un assèchement de la démocratie en France.
Et pour compléter le tableau, la survenance régulière d’affaires (Cahuzac, Tapie, Guéant, financements déviants de campagnes présidentielles) et les luttes fratricides pour le pouvoir ( duel Fillon-Copé à l’UMP) achèvent de discréditer la classe politique aux yeux des français et des françaises. Plus généralement, la classe politique française se trouve à des années-lumière de la maturité du peuple qu’elle est censée conduire.
NOUS RÉCOLTONS LES RAISINS DE LA COLÈRE… .
Cette impuissance des politiques à gérer et à conduire le pays vers des cieux plus cléments, amène les citoyens à osciller entre colère et désespoir, abattement et résignation. Il faut dire que le déclin relatif que connait la France a des conséquences très concrètes : il y aurait 8,6 millions de personnes vivant en dessous le seuil de pauvreté (964 € mensuels), 3,4 millions de chômeurs (5 millions en comptant les temps partiels). Sans compter la peur du déclassement et de l’exclusion des classes populaires et moyennes. Le délitement des situations individuelles conduit de plus en plus les électeurs et les électrices à se réfugier dans l’abstention ou le vote protestataire lors des consultations électorales. Plus grave, mal informés et de ce fait ne maitrisant pas la complexité de la situation de la France et des changements cruciaux et douloureux à entreprendre d’urgence, les citoyens et les citoyennes n’ont pas conscience des risques qu’ils font courir au pays. La France fasciste, c’est 1 à 2% au maximum de la population française. Tous les autres électeurs sont « récupérables » mais cela demandera beaucoup d’efforts en termes de justice sociale. Cette importance du vote protestataire rend très difficile la réalisation d’un consensus pour entreprendre les changements indispensables pour redresser le pays et pourrait même déboucher sur une crise de régime.
DE LA NÉCESSITE DU COURAGE EN POLITIQUE POUR SAUVER LA DÉMOCRATIE
Il y a deux façons de pratiquer la démocratie :
- Ceux qui pratiquent la démocratie de la séduction. C’est le cas de la droite politicienne « copéiste » qui tape bêtement sans vergogne sur le gouvernement même quand celui-ci entreprend enfin des réformes courageuses.
- Ceux qui pratiquent la DEMOCRATIE DE LA CONSCIENCE en cherchant à élever la personne humaine. Tel est le cas de François BAYROU avec la publication de plusieurs livres (Abus de pouvoir en 2008, Urgence 2012 et la France solidaire pour la présidentielle, De la vérité en politique en 2013). C’est ce que viennent de faire les centristes en faisant preuve de pragmatisme et en soutenant les mesures gouvernementales qui vont dans le bon sens et en s’abstenant quand celles-ci leur semblent insuffisantes.
L’absence d’une majorité politique stable va rendre très difficile la réalisation des transformations à entreprendre pour sauver le pays. Raison de plus pour les centristes d’offrir une nouvelle alternative en faisant de la politique autrement :
- Dire la vérité sur la gravité de la situation réelle de la France.
- Expliquer aux citoyens le pourquoi des réformes à faire et comment les faire avec eux.
- Attirer leur attention sur les risques encourus si les propositions concurrentes étaient adoptées ( ex : sortie de l’euro et retour au franc).
- Ne pas hésiter à affronter et vaincre les égoïsmes individuels et les corporatismes en tous genres.
- Prendre le risque d’être aussi impopulaires en touchant aux intérêts acquis… sachant que cela pourra se traduire électoralement par une longue traversée du désert.
- Nous devons faire ACTE DE PEDAGOGIE en retournant aux sources de la démocratie.
Bref, se conduire en hommes et femmes d’état soucieux de défendre avant tout l’intérêt général et sauver le pays du déclin définitif. Adopter une autre attitude conduirait la France et l’Europe à sortir de l’histoire.
Et plus généralement, les leaders politiques doivent proposer aux citoyens et aux citoyennes un bien vivre ensemble sans cesse rénové, donner du sens à la vie collective, conforter une identité forte et partagée qui plonge ses racines dans nos valeurs républicaines de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité. Le succès frontiste tient avant tout à notre incapacité à proposer un projet de société fédérateur confortant notre idéal de démocratie. C’est à cette rude tâche que je vais m’atteler en rédigeant une lettre ouverte aux électeurs et électrices du front national que vous trouverez ci-joint.
Christian Gérard CLUZEAU
Délégué départemental du MODEM 86
Cet article a été publié dans Elections et marquée , .

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