Réflexion à « tiède » / Episode 1 par Emmanuel Vrel Lavezzi

EVL

Au réveil, F. Hollande incarne, non une majorité « aspirant au changement », mais une majorité rejetant N. Sarkozy… C’est une nuance importante car les foules n’étaient pas « heureuses » de voir F.Hollande, mais avant tout « heureuses » de ne plus voir N. Sarkozy.

A peine 30% des votants imaginent que leur vie va changer (30% de crédules?), c’est dire que c’est une élection sans véritable passion. L’essentiel est fait, mais une ombre plane, elle pèse 48,38%. C’est insuffisant pour dire que la France rejette vraiment la haine. Si le nouveau Président ne prend pas en compte cette donnée et confit tous les pouvoirs à un PS euphorique, il stigmatisera d’avantage l’opinion.

L’ouverture au centre est impossible aujourd’hui pour F. Hollande sans être en friction sur sa gauche.  Un certain J.L Mélanchon « revendique » l’apport de voix faisant la victoire, pressant F. Hollande à gauche.

Il n’est plus concevable de gouverner sur une seule tranche… La question est de savoir si la gauche aura l’ouverture nécessaire pour admettre ce constat afin d’éviter à notre pays le sort terrible de l’austérité. La rigueur oui, l’austérité, non ! Elle est un échec en Grèce.

La Grèce est aujourd’hui constituée d’une assemblée extrême G/D suite au rejet par les urnes de cette austérité trop pesante. Ce n’est pas sans rappeler la mémoire collective européenne du reste. Résultat sans appel, les bourses plongent. L’austérité est rejetée là-bas, place à l’austérité… Un nouveau gouvernement dit « de coalition » va émerger, constitué des extrêmes.
Avec ce nouveau coup de boutoir, c’est la fin annoncée de l’Etat Grec et l’arrivée prévisible d’un gouvernement militaire à moyen termes. Car la poussée des extrêmes est aux antipodes de la raison économique visant à diminuer l’endettement. Un pouvoir constitué de courants extrêmes dans une période de crise ne trouve sa raison d’être que dans le conflit, interne ou externe. C’est l’époque du repli sur soit qui génèrera un assèchement du pays, le rendant vulnérable à tous les dangers dont le peuple grec devra se soustraire. Ca fera rêver ceux qui prônent la révolution en rouge. Les autres s’inquièteront que la mèche se brûle aussi vite…

Sortie prévisible de la zone euros? On peut y penser car sur une perspective de court termes purement financière, cela risque fort de s’imposer. Mais qu’adviendrait il dans ce cas des milliards d’euros injectés dans l’économie grec ? Devront ils rembourser en cas de sortie de la zone euro alors que le peuple ploie déjà sous la pression avec un allègement de sa dette ?
Ces questions devront être abordées rapidement pour avorter au plus tôt un conflit ; pour faire en sorte que la Grèce ait un autre choix que celui du renforcement des courants de haine qui ne débouchent jamais sur une paix durable.
Question centrale pour l’UE de conserver la Grèce dans la zone euro.
La conserver, c’est prendre le risque dorénavant d’une implosion au cœur de notre système, la rejeter, c’est abandonner un peuple tout entier, avec le risque que cela représente dans les années et les décennies à venir.
Il est primordial que l’équilibre des forces revienne entre l’Allemagne et la France pour juguler ce qui sera inéluctablement un problème politique majeur en Europe. Puisque la France est mauvais élève sur sa copie dépenses/recettes, elle devra probablement proposer un élargissement démocratique dans la zone euro, en contradiction avec un resserrement demandé par certains politiques. L’équilibre économique n’a pas pour vocation de permettre de beaux livres de comptes, mais bel et bien de garantir une stabilité, seule garante de paix. C’est l’origine de l’UE, nous avons comme devoir de revenir à ces fondamentaux de paix.

Cet article a été publié dans 2012, Elections.

Envoyer cette article Partager sur Facebook

Laisser un commentaire

Celui-ci est sousmis à modération avant publication


Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>