Commissariat au plan et unité nationale

bleublancrouge

« Commissariat au plan ». Voilà un mot devenu désuet, ringuard même. Et pourtant…
Souvenons nous des années « de Gaulle » ou « Pompidou ». Il existait alors un ministère qui s’occupait d’orienter l’économie de la France, de lui donner des perspectives à long terme, structurantes pour tout le pays, sur des domaines considérés alors comme stratégiques (énergie, transport, aménagement du territoire, défense…).

Pour quels résultats ? Oh, presque rien… Qu’on en juge : les meilleurs avions du monde, les meilleurs trains du monde, le meilleur réseau autoroutier du monde, une politique énergétique qui assure l’indépendance du pays vis à vis des chocs pétroliers (y compris de ceux à venir ?…), une orientation qui permet aujourd’hui aux femmes françaises de continuer à faire des enfants tout en exerçant une activité professionnelle…

Or, depuis près de 30 ans, aucun des partis politiques au pouvoir n’a cherché à façonner un avenir au pays, à lui donner une ambition, connue et partagée de tous. Plus aucune décision politique ne structure l’avenir de la France sur le moyen/long terme. Nous sommes devenus myopes, les yeux éblouis par les cours de la bourse et les profits financiers « court-termistes », et sur ce plan, il faut bien avouer que les cinq dernières années ont été les pires, en particulier sur le plan fiscal, dossier pour lequel la stabilité paraît indispensable pour installer une confiance durable (n’oublions pas les dégâts incommensaurables du bouclier fiscal, de la TVA des restaurateurs, des changemetns de cap incessants…). Nicolas Sarkozy a navigué à vue depuis cinq ans, oubliant la boussole et le sextant pour n’utiliser que des jumelles de bien piètre qualité !

François Bayrou a relancé l’idée de rétablir un Commissariat au Plan, de donner au pays une politique « marketing », une vision, un dessein. Il a raison.
Une réflexion doit être menée pour donner à la France un objectif à horizon 10/20 ans et ensuite, créer les conditions du succès en attribuant, par exemple, à chacune des huit grandes régions françaises (cette réforme là non plus Sarkozy ne l’a pas menée à son terme, pourtant elle avait du sens…) un des axes de développement stratégique retenu.

Cela commence bien entendu par le savoir et l’éducation, priorité nationale. Cela passe par la recherche, dans les domaines à forte valeur ajoutée (santé, énergie, transport, informatique et domotique), mais pas seulement ! La France a délaissé trop de secteurs dits « non stratégiques » (textile, machines outils, bien d’équipements…) et la prise en compte des « externalités » (c’est-à-dire de l’inévitable explosion des coûts de transport liée à la raréfaction des ressources énergétiques) doit l’inciter à réviser cette position qui la fragilise et qui a supprimé trop d’emplois dans le pays.

Il n’est pas trop tard. Le déclin ne nous est pas promis. Mais ne gâchons pas en 2012 l’occasion que François Bayrou nous a déjà donnée en 2007 et que nous n’avons pas su saisir. L’unité nationale est la seule voie possible pour s’extraire des postures des partis dominants, prisonniers de leur système ou « de leurs amis » pour les uns ou de leur dogme et de leur contradiction pour les autres.

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