En réponse à un ami…

Made in France

«MADE IN FRANCE» ou la nécessité de rétablir la compétitivité du site de production «FRANCE»
Un ami vient de m’interpeller sur le «fabriquer français» prôné par François BAYROU, slogan que se sont empressés de proclamer les autres candidats à l’élection présidentielle.

Celui-ci s’est déclaré surpris qu’un européen convaincu comme François BAYROU puisse prôner une certaine forme de nationalisme économique alors que nous avons perdu notre souveraineté financière et que nous allons perdre notre souveraineté budgétaire….

Je comprends l’interrogation de cet ami car de toutes les proclamations de François BAYROU, les médias semblent n’avoir retenu que l’invitation à fabriquer français. Je mesure ici une nouvelle fois que l’art de la communication est un art bien difficile à pratiquer car en matière de communication ce qui compte c’est ce que les autres ont compris !!!

Je vais donc essayer ci-dessous d’expliquer le corpus idéologique du candidat BAYROU que je vais résumer dans une seule formule :
«NON A UN NATIONALISME PRODUCTIF MAIS OUI A UNE RESTRUCTURATION DU SITE DE PRODUCTION FRANÇAIS POUR LE RENDRE COMPETITIF A L’ECHELLE MONDIALE.»

Avant de préciser les remèdes préconisés par François BAYROU, rappelons une nouvelle fois les maux dont souffre la France.

  • La France est au bord de la faillite financière. Une dette publique de plus de 1 700 milliards d’euros (soit 26 000 € par habitant) sans compter les déficits des autres institutions (communes, départements, régions, sécurité sociale unédic). S’il fallait remettre à zéro tous les compteurs financiers du pays en une seule fois, il faudrait que chaque citoyen enfant ou adulte sorte de sa poche près de 50 000 €… pour apurer les comptes de la maison France.
  • Un déclin économique qui s’accélère avec la mondialisation. La France n’effectue plus que 3,5% des échanges mondiaux contre 19% en 1990 et 12,5% des échanges de la zone euro contre 16% en l’an 2000. Un déficit de la balance commerciale record : entre 70 et 75 milliards d’euros en 2011. La production industrielle représente 14% de toute l’activité économique en 2011 contre 24% en l’an 2000 et 500 000 emplois ont été supprimés dans l’industrie depuis l’an 2000. Dans la mondialisation, la France n’existe plus que par une poignée de grands groupes- le CAC 40-. Seules 185 entreprises ont plus de 5 000 salariés et il y a que 4195 entreprises qui emploient entre 250 et 5 000 personnes contre 8 000 au Royaume uni et 12 500 en Allemagne… . Un coût horaire de 33 € contre 28 € en Allemagne. En France, 6 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (954 €).

Ce qui fait dire à l’économiste Nicolas BAVEREZ, le pseudo modèle français, «c’est des finances à la grecque, des prélèvements obligatoires à la danoise, une compétitivité à l’espagnole et une monnaie à l’allemande».
Ou encore cette sentence de ce chinois, Monsieur Jin LIQUN, président d’un fond souverain chinois «les troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course qui vit d’acquis sociaux. Pour lui, l’état providence est responsable de la crise de la dette en Europe. Les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l’indolence plutôt que de travailler dur…». Je précise que c’est un communiste chinois qui dit cela !!! (Les chinois détiendraient déjà pour 650 milliards d’euros de dettes publiques européennes).

Le projet présidentiel de François BAYROU :

«PRODUIRE–INSTRUIRE-CONSTRUIRE»
Bien que ledit projet ne soit pas définitivement arrêté, voici vraisemblablement les grandes lignes de celui-ci.

C’est tout d’abord une éthique politique : Dire la vérité sur la situation du pays… . Alors que d’autres – par des promesses irréalistes – pratiquent la démocratie de la séduction, François BAYROU a choisi la démocratie de la conscience : «la réponse (à nos problèmes) ne dépend pas des autres. Elle dépend de nous-mêmes, citoyens français, peuple français, trimballés depuis des années d’illusions en illusions».

Il propose la mise en place d’un AGENDA 2020 pour redresser le pays articulé autour de trois grands thèmes :

PRODUIRE par la reconquête de secteurs d’activité industriels et agricoles abandonnés par les gouvernements successifs.
Il suggère :

  • La création d’un CONSEIL DE LA PRODUCTION rassemblant tous les acteurs économiques pour fédérer les énergies créatives. Un état incitateur et facilitateur qui devra développer une politique économique claire, stable et cohérente sur le long terme.
  • Une SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE et JURIDIQUE des entreprises par l’arrêt de la production de textes législatifs inadaptés et inapplicables.
  • Une STABILISATION FISCALE de la situation des entreprises car les modifications incessantes finissent par décourager les énergies et les bonnes volontés.
  • PRIORITE DONNEE AUX PME, soutien à l’initiative, à la création et à la prise de risque des entrepreneurs et artisans.
  • Une RECHERCHE à améliorer. Le traité de Lisbonne avait fixé comme objectif aux européens de consacrer 3% du P.I.B à la recherche en 2012.  Or actuellement seuls la Suède et le Danemark ont respecté cet objectif. Les autres voisins européens sont entre 2,5% et 3% (ainsi que les américains, le japon étant à 3,1%). La France est bonne dernière à 1,9% puis à 2,2% avec le grand emprunt… ; d’où des produits français trop souvent de moyenne gamme offerts sur les marchés mondiaux.
  • CONSTRUIRE UNE IMAGE DE MARQUE DE QUALITE DES PRODUITS FRANÇAIS qui permettra de se différencier dans la concurrence. Et dans ce cadre-la, permettre aux consommateurs de bien identifier les produits fabriqués en France car eux aussi ont leur rôle à jouer dans la reconquête de la production en France. Selon une enquête, ceux-ci seraient à payer de 10 à 15% plus cher pour acheter français et faciliter la création et le maintien des emplois en France.

Dans la compétition économique devenue mondiale, NOUS SOMMES EN GUERRE ; comprenez par là que nous devons mobiliser toutes nos énergies pour retrouver notre rang de grande nation industrielle comme la France le fut jadis. Il faut travailler à la RECOMPETITIVITE DU SITE DE PRODUCTION FRANÇAIS en faisant porter l’essentiel de nos efforts sur les investissements, la recherche et l’innovation pour produire des produits de qualité, innovants et à des prix attractifs. Ce doit être une obsession dans la présente décennie.

Les deux autres grands thèmes du projet de François BAYROU, INSTRUIRE et CONSTRUIRE, seront développés ultérieurement. En voici cependant les grandes lignes :

INSTRUIRE :
Moyens garantis dans le long terme pour l’éducation nationale, 100% des élèves sachant lire et écrire à l’entrée en 6ème. Diffusion des meilleures pratiques pédagogiques. Restauration d’un climat d’autorité et de calme dans la classe et à l’école. Pédagogies adaptées aux élèves en difficulté ou en rupture.

CONSTRUIRE :
Indépendance de la justice. Non cumul des mandats. Fin des réseaux d’argent et d’influence au cœur de l’état. Indépendance de la presse. Représentante juste des opinions à l’assemblée nationale.

La France a des atouts pour s’en sortir : une démographie dynamique, une main d‘œuvre qualifiée et productive, des ressources d’épargne abondantes, des infrastructures de qualité, des pôles d’excellence dans les secteurs publics et privés, un patrimoine, une culture et un art de vivre sans équivalents dans le monde. Mais tous ces atouts sont neutralisés par un modèle économique et social qui continue d’obéir aux principes de l’économie fermée et administrée. Tout l’enjeu des prochaines années, c’est le maintien de notre modèle social qu’il faut restaurer, nos libertés publiques qu’il faut sauvegarder, notre envie de vivre ensemble qu’il faut régénérer en permanence. Cela passe par la réforme de nos comportements et de nos stratégies.

Dans mon combat politique, j’ai quatre grandes préoccupations :

- L’endettement faramineux du pays qu’il faut réduire.
- L’adaptation de la France à la mondialisation (se reporter aux lignes ci-dessus).
- Résoudre enfin la crise sociale : malgré nos difficultés financières, il est inacceptable qu’aujourd’hui 13% des français vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ou sont nos valeurs républicaines de fraternité et d’égalité !!! .
- Le réchauffement climatique qui met en danger notre survie à terme sur terre.

Alors qu’en cette année 2012, d’importantes échéances électorales nous attendent, tous mes efforts tendront à la réalisation de ces très importantes mutations vitales pour le pays.

Cet article a été publié dans Construire, Développement, Economie, Education, François Bayrou, Instruire, Produire et marquée , , , , .

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3 réponses à En réponse à un ami…

  1. FrédéricLN dit :

    Oui… cet argument « néo-centriste » selon lequel F. Bayrou, en défendant la production française, serait anti-européen, est frappé du coin de la mauvaise foi la plus violente ;-)

    Ou alors, les « néo-centristes » rêvent d’une Europe où nous serions tous solidairement surendettés et en déficit commercial ?…

    Ou alors, les « néo-centristes » estiment que l’Europe doit nous servir à vivre aux crochets de l’Espagne, l’Allemagne ou la Belgique ?…

    Si nous voulons une Europe qui gagne, il va bel et bien falloir produire, exporter, équilibrer nos comptes !

  2. BOUYSSOU dit :

    C’est bien joli tout cela. Rappelez vous, le produire Français nous a été servi plusieurs fois déjà. Avec toujours le même résultat. Ça ne marche pas. Les économies moderne sont tellement interdépendante que le repli sur soi ne conduit qu’a l’échec.
    Je suis chef d’entreprise a Poitiers et je produit Poitevin. Dommage, je ne trouve pas la moitié des produits dont j’ai besoin !!! Alors produire Français … faites le déjà au niveau local, ensuite on verra ce que l’on peut faire.

    • Christian-Gérard Cluzeau dit :

      Merci pour votre commentaire qui appelle de ma part la brève réponse suivante :
      Il ne suffit pas de produire localement !!!. Il faut produire partout en France en facilitant les créations et reprises d’entreprises, en développant un environnement favorable à la création de l’activité économique. Je termine par une note optimiste : Airbus vient de produire (en partie en France) 530 avions, record absolu battu et a engrangé 577 commandes fermes en 2011. A la fin des années 50, 80 % des avions du monde libre étaient construits par les américains. Puis au début des années 60, les Français et les Britanniques ont construit le concorde qui fut une réussite technologique mais un échec commercial car non demandé par le marché. Puis au début des années 70, les européens ont fait Airbus avec le développement de toute une famille d’avions couronnée par l’A 380. Aujourd’hui Airbus est devenu le premier constructeur mondial devant Boeing. Mais apparaissent déjà plusieurs concurrents qui ont pour noms Bombardier( Canada), Embraser(Brésil), Sikorsky(Russie) et un constructeur chinois avec lesquels nous allons devoir partager le marché de l’aviation civile, économie de marché oblige… . Il faudra continuer à investir dans la recherche et les nouvelles technologies pour offrir au marché devenu mondial les avions du futur qui nous permettrons de tenir notre rang de grand constructeur européen d’avions. Il n’y a pas de fatalité… mais seulement des décideurs qui prennent ou ne prennent pas les bonnes décisions au bon moment pour exister demain. C’est toute la vision de François BAYROU.

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