PS – EELV à l’heure du marchandage !

Atome !

Le parti socialiste, en s’aliénant au dogme existentialiste des anti-nucléaires, prend un risque politique considérable pour 2012 et, plus grave, risque de fragiliser un peu plus la situation économique et sociale de la France.

Le sujet de l’énergie, qui s’annonce central pour cette campagne, représente une formidable opportunité pour le MoDem de montrer son sens de la responsabilité et de la mesure.

L’énergie nucléaire n’est pas une panacée, chacun en convient. Et l’existence des déchets nucléaires à vie longue et à haute activité doit rappeler aux plus enthousiastes des pro-nucléaires que les solutions de stockage ne sont pas encore démocratiquement validées. L’objectif de réduire une dépendance sans doute un peu excessive est donc nécessairement louable. Encore faut-il conserver à l’esprit que ce choix politique historique a permis à la France, d’obtenir l’électricité la moins coûteuse d’Europe, de se mettre (un peu) à l’abri des fluctuations permanentes des cours du pétrole et d’une trop forte dépendance aux énergies fossiles émettrices de CO2.

Le débat qui s’engage ces derniers jours sur le niveau de réduction à atteindre de la part du nucléaire dans « le mix électrique » de la France, sur les surenchères des uns et des autres sur le nombre de réacteurs à arrêter à telle ou telle échéance est absurde, pour plusieurs raisons :

  • la consommation électrique en France croît chaque année d’environ l’équivalent d’un réacteur nucléaire de 1 000 MW de puissance ;
  • la montée en puissance de l’éolien et du photovoltaïque ne compense même pas, sur ces dix dernières années, la croissance de cette consommation ;
  • les surcoûts réels des énergies renouvelables -supportés via la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité) par EDF et les consommateurs- sont largement minimisés, puisque politiquement plafonnés pour éviter de donner le sentiment que le gouvernement veut « tuer » ces énergies, et, de facto, achever le Grenelle de l’Environnement !

Dès lors, une politique pragmatique et responsable consisterait à « ne pas vendre la peau de l’ours… » en prenant le risque de stopper une énergie propre et peu coûteuse, sans attendre d’avoir su prouver que la France était capable de réduire ses consommations énergétiques.

Une fois cette démonstration faite, et seulement après, il sera temps de décider de la fermeture des plus vieux réacteurs nucléaires au rythme de la décroissance de la consommation, et non pas « au doigt mouillé » comme le suggère de manière si hasardeuse les anti-nucléaires dogmatiques.

Nous ajoutons que de lancer cette campagne en pleine crise de la dette et dans un contexte où le pouvoir d’achat des français ne cesse de s’éroder relève pratiquement d’un génocide économique.

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2 réponses à PS – EELV à l’heure du marchandage !

  1. Moi dit :

    Avant de sortie du nucléaire, il faudrait déjà sortir du pétrole.
    Mais quand on est incapable de fournir de vraies solutions a un vrai problème, on fait des accords électoraux. Non, monsieur, le nucléaire n’est pas ne énergie propre et sans danger.
    Pauvre France ….

    • anonyme dit :

      Le mot « propre » était sans doute impropre sans ajouter « vis à vis des émissions de gaz carbonique ». C’est dans ce sens là qu’il fallait donc comprendre « énergie propre ». Désolé pour cette imprécision et merci (j’espère) de votre pardon. L’auteur de l’article, anonyme pour des raisons professionnelles.

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