Dégradation de la note des Etats: A qui le tour ?

Globe

Disons-le tout de suite : ça va mal en occident au niveau finances et tout particulièrement en Europe. La zone euro est devenue un vaste hospice où rien n’est plus à craindre que la contagion. Si la Grèce coulait, les marchés financiers partiraient immédiatement à l’assaut du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie … et de la France.

Il faut dire que depuis le mensonge grec, les agences de notation ont les dettes publiques des états dans le collimateur et malheur à celui-ci ne fera pas d’efforts et de sacrifices pour rentrer dans « les clous » de Maastricht. Ainsi en est-il pour la France qui voit aujourd’hui son triple A (la meilleure note possible) mis sous examen approfondi, prélude probable à une dégradation future. Il faut dire que notre pays traine derrière lui la réputation d’un client qui ne tient pas ses promesses de réductions vertueuses de déficit !!!.

Or en matière d’emprunts sur les marchés financiers, rien n’est plus important que la crédibilité et la confiance que les prêteurs vous accordent ainsi que la certitude que ces derniers ont d’être remboursés. Jugez-en par vous-même : l’Allemagne (dont on ne refera pas  la réputation de solidité et malgré une dette étatique cumulée de près de 2 000 milliards d’euros représentant 82,3 de son P.I.B) emprunte à un taux d’intérêts de 1,85 %. C’est parce qu’elle a montré une détermination sans faille à réduire ses déficits et à revenir à l’équilibre financier global. La France (dont la dette étatique cumulée est de 1 700 milliards d’euros et représentant 84,8% de son P.I.B) emprunte à un taux de 3,5%  soit 1,65 point de plus que l’Allemagne alors que l’écart était de 0,3 point avant la crise des dettes souveraines. L’Italie (dont la dette étatique est de 1 900 milliards d’euros représentant 120% de son P.I.B) qui vient d’entrer dans la tourmente de suspicion emprunte à des taux voisins de 6 à 7%. Et la Grèce dont la dette est faramineuse peut emprunter au taux d’intérêts de … 21,5% ; autant dire ce celui-ci est mortel surtout quand on est en récession, ce qui est le cas de ce voisin.
Pour la France, c’est le début des soucis… et des ennuis .Voilà pourquoi :

FRANCE : ÉTAT DES LIEUX D’UN PAYS AU BORD DE FAILLITE FINANCIÈRE

Pour comprendre ce qui va nous arriver, il est nécessaire de faire un bref historique de la situation de notre pays depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

L’HISTOIRE DES TRENTE GLORIEUSES ET DES TRENTE IGNOMINIEUSES :

Ah, temps béni que celui des TRENTE GLORIEUSES !!!. Cette période qui a commencé en 1945 pour se terminer en 1974 a été caractérisée par une forte croissance économique : augmentation annuelle du P.I.B (produit intérieur brut) de 4%, 5%, 6% voir 7%. Bien entendu, cet accroissement de la richesse produite a permis de faire du social – ce qui était nécessaire à l’époque – tout en ayant des comptes globaux en équilibre financier.
C’était « le Pérou » !!! et tous les gens avaient le sentiment de mieux vivre… . Hélas toutes les bonnes choses ont une fin et le malheur est arrivé à l’automne 1973 avec le premier choc pétrolier qui a vu le prix du baril de pétrole être du jour au lendemain multiplié par quatre d’où une ponction certaine dans le portefeuille des français. Mais il a aussi eu une autre conséquence inattendue, le ralentissement de la croissance qui a été globalement divisée par trois avec des taux d’augmentation du P.I.B de 1,5 à 2% par an seulement… et pour notre grand malheur une consommation qui a continué au rythme annuel de 4 à 6% !!!.
Comment cela a-t-il été possible ? Tout simplement en empruntant sur les marchés financiers sans compter. En 1978, la dette publique en France atteignait (en pourcentage du P.I.B) 21,2%, puis 25,3% en 1982, 33,3% en 1988, 39,7% en 1992, 58,1% en 1996, 59,6% en 1998, avec une légère baisse en 2001 avec 57,1%, puis 63,3% en 2003, 66,8% en 2005, légère baisse en 2006 avec un taux de 64,1%, puis nouvelles hausses en 2008 avec un taux de 68,2%, 79% en 2009, 82,3% en 2010 et 84,8% en 2011.
Selon les projections, le taux de 2012 serait de 87,3%. Rappelons les critères de Maastricht limitaient à 3% par an et à 60% du P.I.B maximum la limite autorisée d’endettement. La France a triché avec les critères du traité.

Résultat, l’état français a aujourd’hui une dette cumulée de 1 700 milliards d’euros à rembourser ce, qui représente une dette moyenne par habitant (adulte et enfant) de 26 000 € ce qui veut que s’il fallait demain rembourser en une fois la dette de l’état français, il faudrait que chaque citoyen sorte de sa poche 26 000 €. Cette somme de 1 700 milliards d’euros représente 6,25 fois les recettes annuelles de l’état.
Pour bien faire comprendre l’extrême gravité de la situation de l’état français, on pourrait comparer celui-ci à un particulier qui a dépensé en l’avance l’équivalent de 6 ans et trois mois de revenus, qui couvre ses dépenses courantes à concurrence de 85% voir 90% dans les meilleures années seulement – ce qui veut dire qu’il est obligé d’emprunter encore plus pour assurer ses fins de mois (déficit prévisionnel pour 2011 : 91,6 milliards d’euros) – et qui consacre 16,74% de sers revenus au paiement des intérêts bancaires (45,4 milliards d’euros prévus en 2011).

Il y a deux choses qui sont gravissimes pour l’état français : il n’arrive pas à financer à 100% ses dépenses courantes et il n’arrive pas à rembourser le capital emprunté !!. Depuis 1974, pas une seule fois, le budget de l’état français n’a été ni présenté ni réalisé en équilibre financier… les différents gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédés aux commandes du pays ont pratiqué une fuite en avant dont nous voyons aujourd’hui les résultats.
Ces chiffres représentent uniquement la dette de l’état… . A celle-ci s’ajoutent d’autres dettes, sécurité sociale (134,6 milliards), UNEDIC (une dizaine de milliards) les emprunts (parfois toxiques) contractés par les régions, départements et communes. On peut estimer aujourd’hui que l’endettement moyen et global par citoyen en France approche les 50 000 €… qu’il faudra bien un jour rembourser. Voilà pour le passif… .

A toutes ces dettes et tous ces déficits, viennent s’ajouter des évolutions conjoncturelles à la hausse et défavorables (spéculations sur les matières premières et agricoles, immobilières, hausses du pétrole et du gaz) et structurelles (consommation médicale en augmentation annuelle de 5 à 6%, vieillissement de la population, augmentation du nombre des retraités).
Et pour couronner le tout,  une croissance économique qui flanche (dernières prévisions pour 2012 allant de 0,4% à 0,6%) d’où des rentrées fiscales et sociales en moins. Ce qui veut dire que le 2ème plan Fillon est déjà insuffisant pour respecter les 4,5% de déficit de 2012. Un point de croissance en moins, c’est 20 milliards d’euros de rentrées financières qui vont manquer pour équilibrer nos comptes. Voilà pour les mauvaises nouvelles… .

NOUS ASSISTONS A LA FIN D’UN MONDE OU ON VIVAIT A CRÉDIT !!!

Après la dégradation de la note de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de la Slovénie et des États Unis, la France a toutes les chances de voir sa meilleure note AAA dégradée !!!.

Article à venir: « le 2ème plan Fillon ne sortira pas la France du ravin de la dette ».

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