Primaires, les effets pervers de la « démocratie »…

Rose rouge

Tout le monde ou presque salue l’exercice démocratique initié par le PS en réalisant des primaires publiques en France.
Or, dans une république où l’on a un rendez-vous électoral chaque année dont un rendez-vous électoral à scrutin majoritaire chaque dix-huit mois ; les effets pervers se dessinent et risquent fort de pénaliser… l’avenir du pays !

Sept ans c’était long, disait on alors pour un mandat présidentiel… Cinq ans en revanche, c’est court pour ressentir les effets réels à long terme d’une politique (bien que reconnaissons qu’à l’heure actuelle, une année avait déja fait assez de dégâts). On sait bien que dix-huit mois avant une élection, plus aucune décision « douloureuse » n’est prise, même si nécessaire. Si elles le sont, c’est dans des circonstances exceptionnelles et toujours amorties du calcul de l’impact électoral à venir.

Tout le monde est dans les promesses, les compromis, et l’on finance par l’emprunt des tonnes de niches et « idées » pour alimenter le plus largement possible les réseaux d’influences.

Le système de primaires que le PS met en place renforce ce procédé. Il est donc nocif à la république. Il met en jeu une confrontation politique éloignée de réelles échéances en les avançant.

De ce fait, le citoyen, déjà difficile à déplacer dans des bureaux de vote, est toujours plus sollicité… Il devient donc toujours plus important de « l’amadouer » à coup de promesses !

On a entendu, durant la primaire les « promesses » intenables des Hollandes, Aubry ou Royal pour ne citer qu’eux parmi les candidats les plus capables d’être plébiscités. Montebourg pourrait faire l’objet d’une mention spéciale pour son idéologie rétrograde qui zappe totalement le fait que la France fait partie… du monde !

Et Valls qui lui se fait distancé d’avoir trop prêché… qu’il fallait de la rigueur… Probablement est-ce celui qui permet de confirmer cette hypothèse que les rapprochements électoraux nuisent au bien du pays à long terme ! Et les 30 dernières années démontrent l’état d’endettement du pays à trop vouloir donner à son clocher ! Tantôts des aides plutôt que du travail et de la dignité pour « prouver » qu’on est « gentils à gauche », tantôt des exonérations et baissent d’impôts pour « garder les riches parmi nous » et s’offrir des séjours en yacht et autres diners au Fouquet’s.

Le bilan de tout cela : Un endettement dramatique qui va demander d’entrer dans une rigueur sévère, pénalisant obligatoirement ceux qui ont le moins de ressources, afin de rétablir un équilibre si l’on veut sauver notre système social unique au monde. Sans quoi, nous devrons nous résoudre dans l’avenir à laisser tomber nos protections coûteuses mais solidaires pour des systèmes individualistes onéreux et accessibles uniquement à des élites!

Bref, comprenez qu’on ne gagne pas une élection dans une république de court terme sans faire de belles promesses intenables !

Un calendrier politique se faisant sur des primaires est donc la promesse en lui-même du mensonge perpétuel aux électeurs.

Pour mémoire, par ailleurs, la majorité des partis politiques en France élisent un « premier secrétaire » ou un « Président » de parti. Une consultation interne certes, mais qui a le mérite de représenter les idées du groupe. Non les désidératas du peuple qui, par définition, pensera d’abord à l’instant plutôt qu’à l’avenir…

Le rôle d’un politique est d’oublier sa côte de popularité afin de préparer l’avenir du pays ! Il est temps de dire la vérité au peuple français ! Une élection présidentielle ne devrait jamais se préoccuper des années de son mandat, mais des années à venir après ce mandat ! Les décisions d’aujourd’hui changent notre façon de vivre… dans l’avenir !

Ceci étant d’autant plus vrai en temps de crise vu l’individualisme grandissant dans nos sociétés.

Soyons francs !! Faire « choisir » le « candidat préféré » des français revient à dire : Nous n‘avons plus d’identité propre en laquelle nous croyons alors nous vous demandons de choisir votre préféré (pour être sûr d’avoir le maximum de chances de gagner l’élection à venir)…

Si cela peut sembler de « bonne guerre » au préalable, il faut reconnaitre que la place aux idées est restreinte à son minimum. On a d’ailleurs pu constater que des candidats socialistes, aucun ne pouvait se permettre de remettre en cause un programme commun qu’ils ont tous signés !!! (Un programme qui reprend la retraite à 60 ans sans en garantir le moindre euro de financement).

Et faut il rappeler que quelque soit celui qui fera la course comme Candidat à la candidature chez nos confrères du parti socialiste, s’il venait à gagner la présidence, ses « adversaires » de la primaire seraient sans nul doute au sein d’un projet de gouvernement !!! Ce paradoxe définit donc la supercherie présentée aux français. Choisit-on un personnage ou un projet ? A quel moment expliquera-t-on, plutôt que d’applaudir, que l’on se moque des citoyens ??!!!

Les partis politiques en France élisent leur propre représentant. Il me semble que ce sont ces représentants qui doivent représenter leurs idées lors des échéances électorales ! La redondance d’élection n’est pas de la démocratie, c’est un masque qui dresse un écran de fumée sur des idées inexistantes ou inapplicables ! En l’occurrence, les deux dans ce cas !

Le PS a introduit en France la notion de « TV réalité » en politique ! Choisissez celui que vous préférez… En comme toute émission de TV réalité, celle-ci n’est pas gratuite puisqu’il aura fallu s’acquitter d’un euro pour donner son avis (quid des plus démunis qui courent 1 euro pour acheter le pain du jour ?? N’est-ce pas la première cible du PS ?? Ou le cible serait elle plutôt des personnes ne pouvant plus connaitre la vraie précarité qui auraient besoin de se donner une conscience ??)… Ne parlons pas du document que l’on fait signer aux participants à cette caricature démocratique !

Caricature dans le sens où elle ramène l’élection présidentielle à 3,5 années puisque cela fait un an que l’on entend parler de ces primaires ! Sans que personne ne se pose la question de l’équité sur le temps d’accès aux médias !!!

On voit, aux USA, que sur un mandat de 4 ans, passé 2 ans, les présidents sont verrouillés par le système, étant alors dors et déjà en campagne permanente ! Tous les observateurs en France n’ont d’ailleurs de cesse, au moment des élections américaine, de rappeler que le Président élu n’a que 2 ans pour réaliser son programme !

Où sont les débats d’idées ??? Dans une République où les confrontations électorales sanglantes sont permanentes, quelle peut être la place aux consensus et aux unions d’opinions ??!!

Dans la situation actuelle de notre pays, de l’Europe, peut-on se permettre le luxe d’un étalage de promesses plus coûteuses les unes que les autres ? A n’en pas douter, l’UMP pourra surenchérir afin d’exciter à sont tour, ses réseaux d’influences !! Le PS n’a pas oublié ses « amis » de la fonction publique nationale, ceux qui sont de toutes les manifestations, justes ou pas, et qui, ne cotisant pas à l’UNEDIC, ignorent ce qu’est réellement la solidarité envers les chômeurs ; ainsi que le tissu associatif, tellement asséché par l’actuel gouvernement qu’il n’hésitera pas, afin de survivre, de faire bloc derrière un PS dépensier.

Mesdames et Messieurs qui vous présentez face au pays, prenez vos responsabilités et surprenez nous dans un vrai combat d’idées et de projets que vous perdrez la tête haute !

La démocratie, c’est de respecter le temps électoral. En l’absence de représentations proportionnelles dans nos différentes assemblées, le système des Primaires est une impasse, un miroir aux alouettes où ne se reflète que l’ombre d’une démocratie appelée « marketing » !

Emmanuel Vrel-Lavezzi

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