ISLAM et LAÏCITE

République Française

Confortons le modèle Républicain Français !

A l’instigation du président de la république, l’UMP vient d’ouvrir un débat sur la place des religions en France … de façon pas du tout innocente. Il faut dire qu’après un débat sur l’identité nationale qui a connu un flop retentissant et compte tenu des résultats du premier tour des cantonales, du côté de l’UMP, on commence à paniquer sérieusement.

Non sans arrières pensées, elle vient de jeter un pavé dans la mare républicaine en espérant gêner le centre et la gauche… au risque de stigmatiser les français musulmans et de monter les français les uns contre les autres. Au sein même de l’UMP, les avis sont plus que partagés.

 
Dès l’annonce de cette initiative, François BAYROU président du Mouvement Démocrate, a adressé une mise en garde en affirmant :

« … ils veulent exciter les uns contre les autres pour obtenir des voix en oubliant que les guerres de religion sont mortelles. Tous ceux qui poussent à la division de la France en ciblant les musulmans, veulent plaire à une partie de l’opinion. Mais ils font prendre un risque immense au pays. Dans cette flambée, nous allons perdre le bien le plus précieux : l’unité du pays, l’union de ses forces. Il faut donc parler au pays un autre langage, sans concession et lui dire les yeux dans les yeux ceci : nous allons vivre ensemble, nos enfants vivront ensemble et ils s’en sortiront  ensemble et seulement ensemble.  Sur la question de l’exercice des cultes en France, nous avons l’arme la plus efficace et la plus rodée pour régler tous les problèmes  qui se posent : LA LOI de 1905 sur la laïcité. Tout est dans la loi, y compris l’interdiction des prières dans l’espace public. Il suffit de l’appliquer sereinement… ».
   

Histoire de la séparation de l’état et de l’église catholique en France

On peut dire qu’il existe deux formes de  pouvoirs :
   
- le pouvoir spirituel, c’est-à-dire le pouvoir de l’esprit, indispensable quand on reconnait à l’être humain une dimension spirituelle dans son développement personnel.
- Et le pouvoir temporel qui s’occupe de la gestion des affaires du pays dans le domaine économique, social, fonctionnement des institutions, etc… .

Sous l’ancien régime de la royauté, ces deux pouvoirs étaient confondus, le roi étant en même temps un chef d’état et un chef religieux comme cela existe actuellement dans certains pays arabes. Et les sujets de sa royale majesté avaient obligation d’embrasser ladite religion d’état.
Force politique dominante pour ne pas dire écrasante sur les esprits, l’église catholique a durant des siècles modelé ainsi le destin de ces croyants contraints et nombre d’écrivains français de cette époque ont du ferrailler pour contourner la censure de celle-ci qui avait pignon sur rue à la cour du roi de France.
Aussi, lorsque les idées relatives à une autre forme de gouvernance furent avancées par nombre d’écrivains français dont VOLTAIRE, les foudres de la hiérarchie éclésiastique tombèrent sur ces révolutionnaires qui voulaient changer l’ordre établi et instaurer la démocratie parlementaire telle que nous la connaissons aujourd’hui. L’affrontement fut particulièrement virulent car aucune force – fut-elle religieuse – n’abandonne de gaité de cœur sa puissance, son influence ainsi que ses privilèges et ses prébendes… .
  
On se souviendra de la célèbre phrase de VOLTAIRE, ardent partisan de la démocratie parlementaire, décochée à l’encontre de FRERON, abbé de cour dont l’obscurantisme de l’esprit se traduisait par la rédaction de pamphlets incendiaires contre ce dernier : « un jour un serpent mordit Fréron, que voulez-vous qu’il arrivât, ce fut le serpent qui mourut… ». C’est dire le caractère particulièrement venimeux des affrontements de cette époque.

Aussi, lorsque la révolution française triompha en 1789 et que la république fut proclamée dans les années qui suivirent, la place de la religion catholique dans la nation fut posée. Et les révolutionnaires de l’époque  imposèrent aux prêtres de jurer fidélité à la république…. C’est-à-dire de faire allégeance  à celle-ci et donc de reconnaître sa prééminence dans la gestion des affaires du pays. Certains d’entre eux acceptèrent et ils furent appelés les prêtres jureurs et d’autres refusèrent et ils furent appelés les prêtres réfractaires. Et durant les décennies qui suivirent avec les soubresauts de l’histoire, le positionnement des religions face à la république ne fut pas résolu. Il a fallu attendre que les esprits se soient calmés pour qu’en 1905, une loi fixe une bonne fois pour toutes les relations entre les représentants des cultes religieux et  le pouvoir exécutif.
   

Et c’est aujourd’hui toujours cette loi  – qui a instauré la laïcité de la république – qui gouverne nos relations et les pratiques religieuses en France. Une difficulté est apparue ces dernières années avec l’apparition de la religion musulmane qui est devenue la deuxième religion en France. Celle-ci, quasi inexistante en 1905, fut absente des accords sanctionnés par la loi.

 
L’islam adaptable à la « modernité » ?
  

En effet, dans sa conception initiale,  l’islam propose une gouvernance de la société à caractère théocratique. C’est une dictature à caractère religieux. Cette religion envahit tous les pans de la société et oblige tous les ressortissants à proclamer leur foi en l’islam. Or islam, point de salut possible… . Elle règne sur les sphères publique et privée de la société comme le fit la religion catholique avant la révolution de 1789. Certes dans nombre de pays musulmans, la pratique d’autres religions est tolérée parfois non sans problèmes comme en Egypte avec la persécution des chrétiens COPTES. 
   
Aujourd’hui, il faut parachever le triomphe d’un islam républicain respectueux des lois de la république laïque française. Nombre d’organisations musulmanes réunies au sein de conseil français du culte musulman acceptent totalement la règle républicaine et seules quelques unes très minoritaires s’y résolvent du bouts des lèvres seulement  non sans arrières pensées. Les musulmans ont aussi leurs « archéo-marxistes » nostalgiques du grand soir théocratique. On trouve les mêmes réalités – avec des nuances – dans la religion catholique avec les chrétiens traditionnalistes.
   
Il faut aider nos compatriotes musulmans à achever la mue républicaine de leur religion.

Idéalement parlant, l’exercice de la démocratie exige de chaque citoyen qu’il ait une vision globale éclairée et avec une dimension historique de la situation du pays. Or, en réalité, nombre de nos compatriotes se sentent perdus dans un monde en pleine évolution permanente. Ils ont souvent perdus leurs repères et ont peur d’un avenir incertain. Il appartient aux élites politiques du pays de faire preuve de pédagogie et d’explications auprès de ceux-ci pour qu’ils comprennent les enjeux politiques d’aujourd’hui et de demain et se prononcer en pleine connaissance et librement sur les choix fondamentaux du pays.
Or, certains hommes et femmes politiques n’hésitent pas – à coup de petites phrases et de déplacements – à utiliser ces peurs dans une vaste opération de racolage électoral.
Qu’ils et qu’elles prennent garde !!! . A travers nos actes, prises de position et écrits, ce sont des valeurs que nous proclamons. Les valeurs d’humanisme, de tolérance, de respect de l’autre sont des qualités que l’on n’acquièrent pas à la naissance mais qui se développent et se cultivent par l’éducation. Dans notre société imparfaite, certains de nos compatriotes proclament ainsi par leurs comportements des valeurs autres que je trouve méprisables et qui ont pour noms jalousie, égoïsme, mépris de l’autre, intolérance, racisme…. on sait où cela mène !!! .
Ces  politiques qui surfent sur les peurs de nos compatriotes, qui instrumentalisent le débat politique, qui stigmatisent  certaines pratiques à des fins partisanes ouvrent la boite de pandore. En pratiquant le braconnage électoral et en flattant les bas instincts, ils servent mal la démocratie et ne préparent pas un avenir serein pour la France.
  

A titre d’avertissement, je leurs rappelle cette belle phrase d’Albert CAMUS : « nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages ; mais notre rôle n’est pas de les déchainer à travers le monde. Il est de les contrôler en nous-mêmes et dans les autres… « .

Ce qui manque pour une pratique sereine de la foi musulmane

Ce sont essentiellement des lieux de cultes.
Durant sa prééminence, l’église catholique avait pu se constituer un  patrimoine immobilier important pour la pratique religieuse  qui fait défaut aujourd’hui aux croyants musulmans, lesquels en arrivent à devoir prier parfois sur la voie publique faute de place suffisante dans leurs lieux de culte. Bien qu’en principe, la république ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ( principe de base énoncé dans l’article 2 de la loi de 1905 ) précisons qu’actuellement  et par dérogation elle assure – suite à un héritage historique – la rémunération des prêtres en Alsace-lorraine, partie du territoire français sous occupation allemande entre 1870 et 1914.
Aidons l’islam à en faire autant. Il existe aujourd’hui une fondation pour les œuvres musulmanes, utilisons-la.
Que  les collectivités locales – qui entretiennent déjà les églises dont elles sont propriétaires – avancent l’argent nécessaire à l’établissement de mosquées et qu’un denier du culte musulman permette de rembourser capital et intérêts au fil des ans… .
Cela ne pourra qu’inciter notre société à intégrer au plus vite ces citoyens-là, autorisons la construction de minarets sous réserve du respect des règles d’urbanisme pourvu qu’aucun prosélytisme n’y soit proféré.
Bref, il faut assurer à nos compatriotes de confession musulmane une pratique paisible de leur foi pour leur plein épanouissement spirituel.

Confortons la laïcité de notre république

Réaffirmons à chaque fois que cela sera utile le caractère laïc de la république française en distinguant bien deux sphères :

  • la sphère publique au sein de laquelle les religions quelqu’elles soient n’ont pas droit de cité et où la loi républicaine doit s’appliquer intégralement sans faiblesses et sans passions ; ce qui exclut le port du foulard dans les écoles et la burqua sur la voie publique, la fin des dérogations déjà accordées et qui subsisteraient (exemples : temps de prières dans les établissements publics, créneaux d’ouverture des piscines réservées aux seules musulmanes, restrictions d’intervention du personnel hospitalier suite à demande des malades de confession musulmane dans  les hôpitaux, etc… ).  Quelque soit la religion pratiquée, la loi religieuse doit ici s’effacer devant la loi républicaine.
  • La sphère privée au sein de laquelle la religion peut être librement vécue sous réserve du respect des lois de la république (exemple : respect des droits fondamentaux des citoyens, absence de châtiments corporels aux femmes, liberté de changer de religion, refus des mariages arrangés par les familles).

   D’une façon générale, à chaque fois que des pratiques, des interventions, des demandes de dérogation visent à se soustraire à l’application de nos lois républicaines, les pouvoirs publics devront intervenir pour assurer le plein respect de celles-ci en ayant recours si nécessaire au vote de nouvelles lois. Nos principes républicains sont des murailles et à chaque fois que l’intégrisme religieux – qu’il soit musulman ou autre – veut les assiéger, la riposte doit être implacable.

IL FAUT DENONCER SEVEREMENT LES ACTES QUI INSTRUMENTALISENT LE FAIT RELIGIEUX A DES FINS PARTISANES.

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