Compétition économique, la France décroche !

La France décroche

Les chiffres viennent de tomber et ils sont accablants !!! . En 2010, la balance commerciale de la France a enregistré un déficit de 51 milliards d’euros tout près du record de 2008 (56 milliards d’euros) et avec une prévision de déficit en 2011 de 45 milliards d’euros. C’est le deuxième plus mauvais score des 10 dernières années.

Certes la facture énergétique représente à elle seule 47,7 milliards d’euros mais les aléas pétroliers n’expliquent pas tout… . L’Allemagne qui est tout aussi sensible à l’évolution des cours du pétrole que la France a enregistré en 2010 un excédent commercial de 125 milliards d’euros.

  
Déficit de 51 milliards d’euros, est ce grave docteur ?

OUI. Car cela fait des années que les performances françaises s’étiolent. La part de nos exportations dans les échanges mondiaux n’est plus que de 3,5 % en 2010 contre 4% entre 2007 et 2009 et 6,3 % en 1990. La part de nos exportations dans la zone euro recule aussi. L’écart se creuse, elle n’était plus que 13,1 au premier trimestre 2010 contre 16,9 % en 1999. Et l’écart se creuse tout particulièrement avec l’Allemagne. Il y a dix ans, nos exportations représentaient 55 % des exportations allemandes ; aujourd’hui c’est 40 %. La France a perdu le seul avantage comparatif qui était le sien : celui des prix moins élevé. Entre 200 et 2009, les coûts salariaux ont augmenté de 22 % en France et de 6 % en Allemagne. Il faut dire que l’Allemagne a mis en œuvre une stratégie de compétitivité redoutable : maîtrise des déficits publics, investissements en recherche, réformes profondes du marché du travail et modération salariale durable.

LES FAIBLESSES STRUCTURELLES de la FRANCE
 
 
L’euro trop fort et le passage aux 35 heures n’expliquent pas à eux seuls les difficultés françaises. Voici les autres raisons de notre perte de compétitivité :

  • La politique industrielle de la France est basée depuis des décennies sur le soutien de quelques champions nationaux ou sur des secteurs de haute technologie ( nucléaire, transports, défense, aéronautique ).  Elle a jusqu’à récemment oublié les PME. Résultat : quand l’Italie compte 200 000 entreprises exportatrices et l’Allemagne près de 300 000 ; la France compte 80 000 combattants seulement dans la guerre de la mondialisation. C’est la très grande différence avec nos voisins européens. En outre, les allemands font un travail extraordinaire sur le suivi avant vente et après vente en adaptant réellement leurs produits à la demande des clients. Ce n’est pas toujours dans la culture de nos chefs d’entreprise…(c’est ce qui explique la difficulté de vente du rafale à l’étranger et le fait que nous nous sommes fait souffler par les Sud-Coréens la construction d’une centrale nucléaire à l’émirat d’Abhou-Dabi). Les exportations allemandes représentent 45 % du P.I.B contre 26 % en France.
     
  • Un mal spécifiquement français : notre incapacité à faire naitre des entreprises de moyenne taille : En France, nous avons l’esprit d’entreprise contrairement à ce que l’on pourrait croire. Hors entreprises crées sous statut de l’auto-entrepreneur, de 320 000 à 325 000 entreprises sont crées chaque année en France soit 21 créations pour 1 000 habitants. Nous n’avons pas de complexe d’infériorité à faire vis-à-vis de nos voisins américains et européens. Par contre, nous n’arrivons pas à faire croître des entreprises de taille moyenne qui seront demain des champions nationaux et après demain des champions internationaux. Avec une population de 65 millions d’habitants, la France compte 4 000 entreprises qui ont entre 250 et 1 000 salariés… . La Grande Bretagne avec 61 millions d’habitants en compte 8 000 ( donc plus du double ramené à la population ) et l’Allemagne avec  82 millions d’habitants en compte 12 500. Cette taille de 250 à 1 000 salariés, c’est la taille indispensable pour aller chasser en meute sur les marchés internationaux. Résultat : alors que 12 % des PME allemandes exportent, 3 % des françaises le font.  C’est ce qui explique l’écart entre la France et l’Allemagne au niveau de la balance commerciale… . A noter aussi que ce sont les PME qui créent des emplois et très peu les grands groupes qui dégraissent.
       
  • Un effort de recherche insuffisant !!! . La France consacre 2,08 % du sa richesse nationale à la recherche en 2007 contre 2,23 % annuels en 2002. Elle régresse alors que l’agenda de Lisbonne fixait pour les pays européens un seuil plancher de 3%. Nos voisins européens et américain se situent dans une fourchette de 2,50 à  3% (3,38 % pour la Suède). Ce décrochage est confirmé par la commission européenne qui vient de publier une étude sur les champions de l’innovation en Europe. Celle-ci comprend une batterie de 24 indicateurs qui évaluent les performances à l’innovation : les moyens qui y sont consacrés, l’implication des entreprises et son impact sur la conjoncture et l’emploi. Suède, Danemark et Finlande trustent les 3 premières places suivis de l’Allemagne et la Grande Bretagne … la France arrivant en 11ème position. Sur les marchés mondiaux, la France offre surtout des produits de moyenne gamme qui vont être rapidement concurrencés par les produits des pays émergents ; lesquels s’engagent de plus en plus dans des programmes de recherche ambitieux.

    

LES PROPOSITIONS DU MOUVEMENT DEMOCRATE
Le monde est devenu multi-polaire et la compétition économique est devenue mondiale. Il faudra donc faire avec cette nouvelle donne. Que peut-on faire pour que la France retrouve sa place dans le concert des nations performantes ? Traçons ici quelques pistes de réflexion :

 
UN CHANGEMENT DE POLITIQUE EN MATIERE DE RECHERCHE.
La baisse de l’effort public en matière de recherche non compensé par les dépenses privées laisse présager des difficultés à maintenir un secteur industriel puissant susceptible d’être compétitif et créateur d’emplois. La politique française est basée sur l’idée selon laquelle il faut d’abord faire un effort sur les entreprises pour que celles-ci deviennent innovantes. IL faut maintenir le crédit d’impôt recherche, évaluer régulièrement les résultats obtenus notamment pour savoir à qui il profite et l’orienter principalement vers les PME-PMI. Par ailleurs, l’état doit augmenter considérablement son effort en matière de recherche fondamentale et adopter une vision à long terme se traduisant par des programmes pluri-annuels basés sur les avancées de cette dernière. Ici, dépense publique et dépenses de recherche privée sont complémentaires. IL ne suffit pas de faire des coups (emprunt de 30 milliards d’euros financés à crédit) mais développer une politique industrielle moderne active que les acteurs privés ne peuvent pas assumer seuls.
Dans la compétition économique devenue mondiale féroce, la France doit viser une sortie par le haut en offrant des produits innovants, de haute technologie, susceptibles d’être moins concurrencés par les pays émergents.
         
DEVELOPPER UNE CULTURE A L’EXPORT BASEE SUR LA SATISFACTION DU CLIENT :
En France, seule une entreprise sur 30 exporte !!! .Une prise de conscience reste à faire chez les patrons français en matière d’image de leurs produits, d’adaptation à la demande des clients, de présence et d’efficacité commerciale lors des salons professionnels. L’industrie française bénéficie peu dans son ensemble du dynamisme des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Ces derniers représentent à peine 6% de nos exportations contre 9 % pour les allemands. Nous ne sommes pas assez agressifs (dans le bon sens du terme) dans nos ventes vers les pays émergents.
          
DEVELOPPER UN ENVIRONNEMENT FAVORABLE A LA CREATION D’ENTREPRISES :
Entre les beaux discours et la réalité sur le terrain, il y a un abîme … .91 % des aides de l’état vont vers les grandes entreprises alors que 80 % des emplois sont créés par les PME. Les pouvoirs publics doivent favoriser la création des TPE (très petites entreprises) par la création d’un  « SMAL BUSINESS ACT à la française ». Aux USA, une loi réserve 20 % des commandes publiques aux TPE aussi vous ne serez surpris d’apprendre qu’après deux années d’activité, les TPE américaines ont quintuplé de taille, les TPE allemandes ont triplé de taille et les TPE française ont doublé de taille seulement. Cela permettrait de réduire la mortalité des TPE.
           
AUTRE PROBLEME RECURENT : LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES !!! (voir ci-dessous le parcours du combattant de la SOPPREVOL) :
L’argent, c’est le nerf de la guerre économique… . L’une des  faiblesses des entreprises françaises : ce sont des fonds propres insuffisants. Actuellement 42 % du capital des sociétés françaises cotées à la bourse de Paris sont entre des mains étrangères (c’était 47 % avant la crise financière de 2008). Trop souvent encore, dans le système bancaire, circule la mentalité de rentier : « on ne prête qu’aux riches ». Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures pour réorienter de façon plus efficace l’épargne vers les entreprises. Une modulation de l’impôt sur les bénéfices est à étudier pour favoriser les entreprises qui investissent et innovent. Les grandes entreprises françaises – après utilisation et optimisation des dispositifs permettant de limiter l’impôt sur les bénéfices (dilution du bénéfice dans des filiales notamment) – paient en fait 8% des bénéfices en impôts contre 20 % pour les PME.

EN CONCLUSION
« LA POLITIQUE N’EST PAS UNE SCIENCE CONTEMPLATIVE ET EN LA MATIERE, N’EXISTE QUE CE QUE L’ON A LA VOLONTE DE FAIRE EXISTER». Il n’y pas de fatalité. Comprendre le monde moderne, ses évolutions et ses changements, réfléchir et formuler des projets permettant à la France de garder son rang dans le concert des nations innovantes et performantes ; voilà le devoir de tout dirigeant politique. Ce modeste article n’a d’autre objectif que d’y contribuer… .

Christian Gérard CLUZEAU
Gérant de société

Le PARCOURS DU COMBATTANT DE LA SOPPREVOL :
Epris d’écologie et soucieux de participer concrètement à la lutte contre le réchauffement climatique, j’ai élaboré un projet  de création d’un  générateur photovoltaïque (1000 m² des panneaux photovoltaïques) en vue de produire de l’électricité à partir des rayons du soleil.  Montant de l’investissement : 750 000 € hors taxes financé par apport personnel à hauteur de 158 000 €, subvention région – europe 92 000 € (merci l’europe au passage) et emprunt bancaire de 500 000 € remboursable sur 10 ans.. Ceci dans le cadre d’une petite SARL  dénommée SOPPREVOL (société Poitevine de production d’Electricité d’origine Photovoltaïque).
Première contrainte : formalités administratives lourdes surtout pour l’obtention de la subvention européenne. constitution de deux dossiers différents : une simplification administrative par la création d’un dossier unique entre la DDE (équipement) et la région Poitou-Charentes eu été la bienvenue.
Financement : ce fut la galère … . Huit banques furent sollicitées et Deux d’entre elles acceptèrent au final de financer ce projet malgré un apport personnel conséquent finançant le tiers de l’investissement (ce pourcentage étant très bon). En outre, dans ce projet, le risque financier pour le banquier était quasiment nul  car dans le développement d’activité nouvelle, cette SARL bénéficiait d’une garantie d’achat de l’électricité produite pendant 20 ans à un prix fixé et garanti revalorisable chaque année ; une assurance tempête et pour autres formes de sinistres avec perte d’exploitation couvrant Les risques d’exploitation. Outre les  multiples  garanties techniques, attestations de conformité, et certifications en tous genres à produire, je fus obligé de  consentir un nantissement sur tout le matériel et de me porter caution pour le remboursement du prêt bancaire contracté. Ce qui m’a particulièrement frappé ici, c’est l’archaïsme du milieu bancaire et sa grande réticence à financer des activités innovantes… .

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