L’Europe, c’est votre avenir !

Union Européenne

Et celui de vos enfants… ;
c’est notre avenir à tous. Malade de ses finances et affaiblie par ses problèmes institutionnels, elle est aujourd’hui attaquée par des marchés financiers internationaux cupides qui spéculent sur nos dettes publiques au risque de faire imploser l’euro.
Ce qui se joue actuellement, ce n’est pas seulement notre niveau de vie de demain et notre rang dans le monde, c’est aussi LA PAIX…

L ’EUROPE JOUE SON DESTIN MAINTENANT !

SPECULATIONS FINANCIERES des MARCHES INTERNATIONAUX

DESEQUILIBRES MONDIAUX

DEFICITS COLOSSAUX des Membres de la zone EURO

2010 a été une année éprouvante pour les membres de la zone EURO… Au printemps, ceux-ci ont du se pencher au chevet de la Grèce qui – malade de ses déficits budgétaires à répétition – se trouvait en état de cessation de paiement. Puis à l’automne, ce fut le tour de l’Irlande qui croulait sous le poids des déficits de ses banques fraichement nationalisées qui avaient spéculé de façon inconsidérée sur les marchés douteux à hauts risques. En attendant la dégradation de la situation financière du Portugal et de l’Espagne tous deux très endettés, de l’Italie, voir … de la France !!! .

Il faut dire que la crise financière « des subprimes « de l’automne 2008 suivie d’une récession en 2009 a vu les gouvernements s’engager dans des déficits budgétaires colossaux pour contrer la baisse de l’activité économique.

L’ EUROPE

UN CONTINENT MALADE DE SES FINANCES

Il faut dire que depuis le passage à l’euro le 1er janvier 2002, les critères du trait de Maastricht n’ont pas été respectés. Rappelons brièvement ces derniers :

  • Une inflation limitée à 2 % ( ce critère est à peu près respecté ).
  • Un déficit des finances publiques annuel limité à 3 % du PIB ( Produit Intérieur Brut – richesse nationale produite )… ce chiffre de 3 % s’entendant sur un contexte de croissance économique de 3 % ce qui permettrait un équilibre financier global. Aujourd’hui ce critère est trop laxiste et il faudrait prévoir un butoir à zéro déficit. Pour la Grèce qui a menti sur l’ampleur de son déficit, lequel déficit annoncé était de 8% et après étude approfondie, il s’est révélé être de 15,4 % en 2009. Et pour cette même année, il a été de 3,2 % pour l’Allemagne, de 7,3 % pour la France, de 5,3 % pour l’Italie, de 11,2 % pour l’Espagne, de 9,4 % pour le Portugal et 14,3 % pour l’Irlande. C’est tout dire…. .
  • Un déficit cumulé des finances publiques limité à 60 % du P.I.B. Or celui-ci est en 2009 de 115,1 % pour la Grèce, de 115,8 % pour l’Italie, de 77,4 % pour la France, de 53,2 % pour l’Espagne ( mais qui compte une dette privée colossale ) , de 76,8 % pour le Portugal, de 64 % pour l’Irlande et de 72,5 % pour l’Allemagne. Pour l’année 2010, les dérapages sont aussi importants. Nous constatons donc un emballement de ces derniers avec une conséquence grave : c’est que cette dérive nous conduit à être aujourd’hui dans le collimateur des marchés financiers internationaux prêteurs. Aussi, n’est-il pas surprenant de voir tous les gouvernements faire assauts d’engagements vertueux dans la réduction de leur dette. Enfin rappelons au passage que cette dette génère des intérêts bancaires de plus en plus lourds à payer ( 43 milliards d’euros pour la France en 2010 , 46milliards pour 2011 et 51 milliards pour 2012 ).

La dette française est revue à la hausse. Compte tenu de la récession plus forte que prévue, la dette publique de la France s’est élevée à 78,1% du P.I.B en 2009 et selon les prévisions gouvernementales, elle devrait s’élever à 83,2 % en 2010 puis jusqu’à 87,1 % en 2012 avant de commencer à refluer à 86,6 % en 2013. En France, la dette publique est égale à 535 % des revenus fiscaux et les emprunts annuels 127 % des recettes fiscales.

2011 S ’ ANNONCE DANS UN CONTEXTE POLITIQUE INTERNATIONAL PERILLEUX ET TRES INSTABLE

L’ EURO est à l’épreuve du feu et joue actuellement sa survie… . Austérité, scission, éclatement, implosion ; si l’on en croit les prévisions des spécialistes, le proche avenir qui s’annonce sombre tiendra plus du chemin de croix que d’un tapis de roses.

De la rigueur budgétaire pour tous à la fin de la monnaie unique, plusieurs scénarios ont été élaborés :

  • L’ AUSTERITE : Après la dette, la diète… . Pour restaurer leur crédibilité sur les marchés financiers, tous les pays européens s’engagent sur la voie de la rigueur budgétaire. Avec à la clé, une augmentation des impôts, baisse des salaires des fonctionnaires en moins. Risque de récession très fort pour les pays du club MED ( Grèce, Italie, Espagne et Portugal ). Une croissance économique de 1 à 1,5 % pour la France . Et des inégalités qui explosent.
  • Le RETOUR AU MARK : Refusant d’administrer à haute dose l’austérité, les pays du club MED réclament un effort supplémentaire aux pays vertueux… . L’Allemagne suivie de l’Autriche, de la Finlande et de la hollande quitte l’euro pour créer une zone MARK. Et les autres ? ils formeraient une union sud avec un euro sud qui – dans cette hypothèse – serait automatiquement dévalué… . Dans un premier temps, la France regagnerait des parts de marchés et un peu d’inflation permettrait d’alléger la dette. De l’espoir dans un premier temps mais à terme des larmes. Car les marchés brocarderaient cette zone club MED et exigeraient des taux d’intérêts usuraires ( plus de 10 % ) pour prêter leur argent à des pays olé olé. Avec des gouvernements pris à la gorge et des entreprises qui ne peuvent plus investir.
  • Les PAYS du club MED QUITTENT la zone EURO : de guerre lasse, les pays du sud quittent l’euro et ressortent leur monnaie nationale… pour entrer dans le drame. Leur monnaie s’effondrerait de 40 à 80 %. Incapables de rembourser leurs dettes contractées en euros, ils verraient l’inflation s’envoler.

Quid de la zone euro restreinte aux pays de l’élite ?. Comme dans les grandes crises, les premiers craquements se produiraient dans le bilan des banques. Selon certaines estimations de la Deutsche Bank, les établissements bancaires français et allemands détiendraient 595 milliards d’euros de créances publiques et privées sur la Grèce, l’Espagne , le Portugal et l’Irlande. Perdre la moitié voir les deux tiers de cette somme équivaudrait à dix fois le choc des subprimes selon l’économiste Xavier TIMBEAU … . Avec de telles pertes, les banques ne pourraient pratiquement plus faire de prêts aux entreprises et ces dernières subiraient les effets dévastateurs de ces « nouvelles monnaies de combats « avec des pertes sévères de compétitivité ( avec un euro à 1,90 dollar, les exportations françaises diminueraient de 30 % en 3 ans.

  • L’ EURO IMPLOSE : le refus de la rigueur dans les pays du sud et la grogne de l’opinion publique allemande fatiguée de signer des chèques en blanc à des états laxistes conduisent à l’explosion de l’euro. Retour donc des monnaies nationales. Et très vite un processus de babélisation se mettrait en marche : contrôle des changes aux frontières, spéculation monétaire et protectionnisme économique. Avec sévère récession à la clé dans la région. Et selon Monsieur Yves Thibault de SILGUY ( ancien commissaire européen chargé du passage à l’euro ) la fin du rêve monétaire européen se doublerait d’une défaite politique majeure… la construction européenne s’effondrerait par pans successifs.

Et la France dans ce scénario ? . Une catastrophe !!! . Si le nouveau franc s’arrimait au mark comme dans les années 80, Paris adopterait la rigueur avec une croissance économique quasiment nulle et à l’arrivée davantage de chômage. Dans le cas contraire, si la France laissait filer sa monnaie à coup de dévaluations compétitives, elle gagnerait quelques années de répit et glisserait vers une douce pénurie… le franc faisant office d’épouvantail sur les marchés financiers.

TANT QUE L’ EUROPE NE REGLERA PAS SES PROBLEMES INSTITUTIONNELS FONDAMENTAUX, L’ EURO SERA MENACE

Il faut remercier les marchés financiers : en quelques semaines, leur colère et leur cupidité ont davantage fait progresser la construction européenne que deux décennies de débats stériles depuis la ratification du traité de Maastricht en 1992.

Un plan de sauvetage de 750 milliards d’euros a été mis sur pied pour venir en aide aux pays de l’euroland en difficultés. Après la Grèce, l’Irlande vient à son tour bénéficier du soutien européen. C’est bien , mais c’est insuffisant… . Il faut :

  • Mettre en place un VERITABLE GOUVERNEMENT ECONOMIQUE qui imposera une véritable coordination des politiques budgétaires aux pays de l’euro. Ceux-ci ont abandonné leur souveraineté monétaire avec la possibilité de dévaluer leur monnaie mais pas celle de la politique budgétaire. Résultat : il y a autant de politiques budgétaires que de pays. Elles sont censées être coordonnées par le pacte de stabilité mais celui-ci n’est pas respecté ( voir le dépassement des critères de Maastricht ).
  • Se doter de NOUVEAUX INSTRUMENTS :
    - Création d’un FOND MONETAIRE EUROPEEN
    - Création d’une AGENCE EUROPEENNE DU TRESOR qui serait autorisée à emprunter au nom de l’union.
    - Emission d’EUROBONDS, titres européens permettant d’emprunter sur les marchés financiers à des taux inférieurs à ceux pratiqués actuellement.
  • Appliquer une CONVERGENCE DES POLITIQUES SUR LE TERRAIN pour éviter les pratiques de dumping en matière de :
    - FISCALITE. En Irlande l’impôt sur les bénéfices des sociétés est de 12,5 % et de 33% en France.
    - PRELEVEMENTS SOCIAUX ( taux de cotisation sociales, durée du travail, âge de départ à la retraite ).
    - HARMONISATION DES COUTS SALARIAUX. Selon une source de l’OCDE entre 2000 et 2009, ceux-ci ont augmenté de 33 % en Grèce, de 32 % en Espagne et en Italie, de 22 % en France, de 18 % aux USA et de… 6 % en Allemagne. Augmentation moyenne de la zone euro : 21 %.
  • PROCEDER A DES REFORMES DE STRUCTURE DOULOUREUSES mais INELUCTABLES dans le fonctionnement des états. En France, opérer une modernisation radicale de l’état, des dépenses publiques et de la fiscalité pour taxer davantage le capital et a pollution et moins la production et le travail… l’actuel effort budgétaire de réduction du déficit de l’état n’étant que le hors d’ œuvre de la politique d’austérité qui s’imposera après 2012. Depuis 36 ans, en moyenne, l’état français vit 15 % au dessus de ses moyens financiers. Celui-ci est dans la situation d’un particulier qui couvre ses dépenses courantes à hauteur de 85 % voir 90 % dans les meilleures années, qui est donc obligé d’emprunter pour boucler ses fins de mois et qui a une dette à rembourser égale à 5,35 années de salaire. En outre, il verse 20 % de son salaire pour le paiement des seuls intérêts bancaires que lui réclament les marchés financiers pour accorder à nouveau des prêts. Ce qu’il y a de terrible dans la situation de l’état français, c’est qu’il n’arrive pas à couvrir ses dépenses courantes sans emprunter et qu’il n’arrive pas à rembourser le capital emprunté… qui s’élève à 1760 milliards d’euros actuellement. Cela représente une dette moyenne de 25 000 € par citoyen… . Chacun comprendra que la plaisanterie ne peut plus continuer éternellement. Il faut mettre en place un plan CATASTROPHE avec une réduction en deux ans de 50 milliards d’euros de l’écart entre recettes et dépenses publiques par une hausse des impôts et une baisse des dépenses. Et toucher à des tabous : la TVA doit augmenter et les transferts sociaux doivent baisser… sauf pour les plus démunis.
  • INSTAURER UNE CONVERGENCE DES MODELES ECONOMIQUES EN RESTAURANT LA COMPETITIVITE DES PAYS DU SUD ( Grèce, Italie, Espagne et Portugal ) vis-à-vis de l’Allemagne :
    La valeur d’une monnaie est la résultante de plusieurs facteurs dont deux sont très importants :
    - La création au niveau de chaque pays d’un outil de production performant capable d’offrir sur les marchés mondiaux des produits de qualité à un prix compétitif.
    - Une bonne gouvernance publique. Mettre fin à l’économie souterraine, au marché noir, à la corruption. Atteindre et respecter les équilibres financiers en s’interdisant les déficits dans la gestion des institutions publiques ( état, régions, départements et communes ) et collectives ( sécurité sociale, caisses de retraite ; UNEDIC, etc ). Bref, ne pas vivre au dessus de ses moyens.

Jadis, deux drogues permettraient de procéder aux ajustements nécessaires :

- l’inflation qui est aujourd’hui contenue au dessous de 2 %.
- les dévaluations qui représentent une sanction pour les pays qui y ont recours. En effet, quand vous dévaluez votre monnaie, vos produits exportés sont moins chers et les produits que vous importez moins plus chers. La France a usé et abusé des dévaluations ( En 1958 quand le général DE GAULLE est revenu au pouvoir, 1 franc valait 1 mark : en 2001 juste avant le passage à l’euro, pour avoir 1 mark il fallait débourser 3,35 francs ).

Aujourd’hui, avec l’euro, cette voie est interdite. La seule voie qui reste ouverte et celle d’une politique concertée d’austérité et de réduction des dettes publiques.

Les plans de relance de 2009 et 2010 pour éviter la débâcle sociale ont enflammé les problèmes latents.

L’Allemagne ne peut pas abandonner les pays du club MED. En effet, elle réalise 70 % de ses exportations dans la zone euro et leur effondrement conduirait à sa ruine.

IL FAUT UN NOUVEAU TRAITE EUROPEEN !!!!

L’Europe est un continent en construction politique… .

Comme toujours, les crises servent d’accélérateur de l’histoire. Il faut en Europe changer de système et de méthode… . Il manque de l’audace, il manque de l’ambition, il manque de la politique bref le souffle visionnaire des pères fondateurs de l’Europe. Les états doivent agir avant les marchés mais non après eux. Il faut un nouveau traite européen qui transcende Maastricht avec sa monnaie unique trop peu mise au service de l’économie, avec sa banque centrale trop obsédée par l’inflation. L’euro est un bouclier percé et la BCE est un sabre de bois dans la guerre économique qui fait rage. Ce texte devra ressusciter les rêves brisés de la constitution européenne de 2005 et conforter le traité de Rome.

L’enjeu ici n’est pas le confort monétaire ni la prospérité économique : c’est la paix. Si l’euro se fracture, les égoïsmes flamberont, qui feront bouillir en six mois la marmite des nationalismes et en cinq ans chauffer la forge de la guerre… .

Il y a actuellement an niveau du leadership mondial une passation de pouvoir entre l’hémisphère nord ( USA, Europe et Japon ) et le sud est asiatique. Les pays qui domineront demain s’appellent Chine, Inde, brésil, USA et le monde s’organise en blocs-continents.
L’EUROPE pourrait bien être la grande victime de cette crise… . Ces dysfonctionnements mondiaux révèlent que nous sommes dans un marché devenu mondial, sans état de droit global ce qui assure la victoire aux plus forts. Tous les grands espaces économiques du monde sauf l’ Europe se sont dotés d’instruments de gouvernance efficaces pour participer à la croissance mondiale. Mais ce qui grave, c’est que cette crise peut se lire comme une accélération de la perte de confiance du reste du monde dans l’occident.

Mais rien n’est joué, l’ EUROPE a encore les moyens de tenir un rôle majeur… si elle s’unit et prend conscience des menaces qui pèsent elle.

Bref, IL FAUT PLUS DE POLITIQUE ; aller vers un FEDERALISME EUROPEEN avec transfert de nouvelles compétences au NIVEAU EUROPEEN… un fédéralisme européen original qui reposera sur un nouvel équilibre des pouvoirs entre les pays et l’union européenne pour une défense efficace de nos intérêts, de notre démocratie sociale et politique et de nos valeurs. Notre slogan n’est t-il pas : « UNIS DANS LA DIVERSITE… ? « . En ce début d’année 2011 formulons le vœu que nos gouvernements européens saurant faire preuve de vision et de courage politique pour assurer l’avenir de tous.

Cet article a été publié dans Europe.

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