Anne Benéteau Péan, déclaration de candidature

Photo Anne déclaration candidature 22 janv 2011

En mars prochain, je serai candidate à la fonction de conseiller général, dans le canton de Poitiers IV, qui regroupe la ville de Saint-Benoît et le quartier des 3 Cités à Poitiers.

C’est une décision importante, qui s’est imposée progressivement au fur et à mesure de mon engagement au sein du Mouvement Démocrate.

Avant de répondre à vos questions, je voudrais évoquer devant vous :

  • En premier lieu, ce qui fonde mon engagement, c’est à dire mon parcours personnel et ce à quoi je crois ;
  • En deuxième lieu, ce qui motive mon investissement dans l’action départementale ;
  • En troisième et dernier lieu, ce qui justifie une candidature d’un membre du Mouvement Démocrate, donc du centre (je ne pense pas me tromper en imaginant que c’est surtout sur ce point que porte votre curiosité journalistique !)

       

I – Qui suis-je ?

J’ai 37 ans, je suis mère de 4 enfants, et je vis en couple.

Mes parents étaient tous les deux instituteurs. Ils m’ont élevée dans une famille nombreuse.
La cellule familiale, c’est le lieu où l’on apprend la vie avec les autres. Au sein de cette grande famille, mes parents m’ont appris le partage, le respect de l’autre, la solidarité, le sens de ce qui est commun et de ce qui prime sur l’intérêt personnel.

J’ai suivi de longues études d’histoire de l’art, conclues par l’obtention du concours de conservateur du patrimoine. J’exerce ce métier aux musées de Poitiers depuis janvier 2002, j’ai la responsabilité des collections d’art ancien. Depuis un an et demi, j’assume la direction des musées de Poitiers.

L’art dans la vie

Mes études d’histoire de l’art m’ont permis de choisir un métier que j’aime. Pourquoi ?

Parce que j’aime travailler au contact des oeuvres d’art. L’art pour moi est essentiel à la vie. L’art, ce sont des créations de l’homme qui expriment ce qui fait la vie, dans toutes ses dimensions, heureuses et douloureuses, et qui font vibrer à travers l’émotion qu’elles suscitent.

J’aime ce métier parce que, au quotidien, je m’occupe de la beauté, de la beauté qui transcende le quotidien. C’est tout un programme, donner à l’art son plein épanouissement dans le quotidien. Une mission jamais terminée.

J’aime ce métier parce qu’il consiste à mettre en oeuvre les conditions de la délectation, c’est à dire permettre à chacun de s’approprier les oeuvres d’art et de laisser surgir ses émotions.

Ce métier impose de la rigueur.
Rigueur dans la mission de transmission : il faut trouver les mots justes pour transmettre au public les connaissances qui l’aideront à s’approprier ces oeuvres.
Rigueur dans la conservation de ce patrimoine qui est le bien de tous. Ces collections publiques, je dois les préserver pour les transmettre dans toute leur intégrité physique aux générations futures.

Le souci de la chose commune

Ces notions de patrimoine collectif, et de transmission d’un héritage, et de partage de savoirs, ce sont aussi celles qui motivent mon engagement en politique, c’est à dire le souci de la chose commune.

C’est ce qui m’a conduite à adhérer au Mouvement Démocrate.
Parce que le MoDem place l’homme au centre, au centre de la vie et de l’organisation sociale.
Parce que le MoDem place l’économie au service de l’homme, et en aucun cas le contraire.
Parce que le MoDem est le parti le plus européen, le plus engagé dans la construction d’une Europe intégrée, plus forte, plus unie, plus politique – et que notre avenir et celui de la démocratie reposent sur la place que l’Europe saura occuper dans le monde.
Parce que le MoDem considère qu’il est primordial de mettre en oeuvre une politique ambitieuse pour préserver notre environnement, notre planète, pour que l’homme y vive mieux. Notre mode de vie occidental grève considérablement l’héritage que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants. Le projet humaniste du Mouvement Démocrate se conçoit dans une démarche écologique globale qui place l’homme dans son environnement naturel et sur le long terme. Respecter l’homme, c’est respecter son environnement.

Parce que, également, je ne me retrouve pas dans les positions dogmatiques des deux grands partis de la droite et de la gauche.

Un challenge pour la démocratie

J’ai déjà été candidate à deux reprises, en tant que membre du Mouvement Démocrate. En 2009 d’abord, sur la liste conduite par Sylvie Goulard pour les élections des députés au Parlement européen. Et en 2010, sur la liste menée par Pascal Monier pour les élections au Conseil régional.

C’étaient des scrutins de liste, où je n’étais pas en position éligible.
Etre candidate aujourd’hui à un scrutin uninominal, c’est un engagement fort. Nourrie de l’expérience de deux scrutins de liste, je me sens prête à ce challenge.

Je dis bien « challenge », dans un bon franglais, et non pas « combat » ou « défi » ou tout autre mot à connotation un peu martiale.
En effet je ne me bats pas contre la gauche ou contre la droite, je ne suis pas opposée à d’autres candidats.
Je suis candadite POUR la démocratie, POUR le pluralisme de la représentativité.
Etre une candidate du Mouvement Démocrate, c’est donner une chance de faire entendre une autre voix, entre les deux grosses formations politiques qui ont tendance à capter les suffrages et le pouvoir, dans un bipartisme préjudiciable à la vie démocratique.
D’ailleurs, si je suis élue, je ne siègerai ni à gauche, ni à droite, mais au centre. L’exécutif sera forcé de composer avec ma position, que je ne peux pas déclarer d’emblée pour ou contre une majorité car je soutiendrai les projets en fonction de leur pertinence, de leur nécessité, de leur justesse, et non en vertu d’une discipline de parti.

II – L’action départementale : pour une dynamique de territoire

Pourquoi être candidate à la fonction de conseiller général ? Qu’est-ce qui motive mon engagement au niveau départemental ?

Je crois que le département est un espace dynamique. La fonction d’un Conseil Général est de soutenir ce dynamisme, de veiller à l’équilibre des pays en sein de ce territoire, et en particulier dans la Vienne, de préserver ce qui fait les atouts des zones rurales et des zones urbaines, en complémentarité.

Le département, c’est une échelle de territoire supérieure à celle de la cité, de la commune, qui est la cellule de base de la vie sociale et politique. Cette échelle supérieure a pour mission de soutenir la vitalité de ces cellules, comme je l’ai dit, en entretenant une dynamique complémentaire.
Je crois que les habitants d’un département sont attachés à ce territoire-là, car c’est une échelle supérieure mais qui reste proche d’eux.
C’est donc un espace de gouvernance à qui reviennent des compétences de proximité – politique sociale, enseignement, santé, vie économique, etc.
L’enjeu est majeur, dans notre société de plus en plus inégalitaire, car le Conseil Général met en oeuvre des actions de solidarité, actions fragiles et pourtant cruciales.

J’en profite pour dire un mot sur la réforme territoriale, car le mandat des futurs élus sera exceptionnellement bref, et ils auront la charge de mettre en oeuvre cette réforme.
Au Mouvement Démocrate, nous avions depuis longtemps appelé à une réforme territoriale, pour une simplification.
Hélas, la réforme telle qu’elle a été votée ne nous convient pas. Elle instaure une fausse simplification, avec un mode de scrutin qui va favoriser davantage le bi-partisme ; elle ne permettra pas de réelles économies d’échelle car elle ne réduira pas les différentes strates administratives ; et elle pose un gros problème de financement des collectivités à cause de la disparition de la taxe professionnelle remplacée par une usine à gaz.

III – Quel est le positionnement du MoDem ?

Je l’ai déjà un peu évoqué car ce positionnement motive mon adhésion au MoDem et mon engagement politique.

Le Mouvement Démocrate est résolument au centre !

Ce n’est pas une surprise, et pourtant, il semble qu’il faille toujours défendre cette position, argumenter !

Ne me demandez pas si nous sommes au centre droit, au centre gauche, ou encore à l’extrême centre, appellation qui sous-entendrait un certain extrêmisme qui m’est étranger.
Nous ne sommes ni à droite, ni à gauche. Nous soutenons une autre façon de penser l’action politique.
Dans ce qu’affirme François Bayrou depuis des années, il y a un maître mot auquel j’adhère sans réserve, c’est l’indépendance. Quoi qu’on en dise, et quoi qu’on nous oppose en cherchant toujours à savoir si notre coeur penche plutôt à droite ou plutôt à gauche !

Nous prônons une position éminemment démocratique, loin des jeux d’alliance qui lient les alliés. A la notion d’alliance, je préfère celle de coalition, qui regroupe des entités désireuses de travailler ensemble tout en gardant leur indépendance et leur libre arbitre.
Nous appelons à un travail collectif, qui fédère des personnes de sensibilités différentes mais qui partagent l’envie de trouver les bonnes solutions, au-delà des clivages dogmatiques habituels, stériles, sur tous les sujets où il est nécessaire de s’entendre.

Le centre donne du sens à la démocratie

Contre la critique récurrente qui nous renvoie à l’impossibilité constitutionnelle de l’existence d’un centre, je vous renvoie à l’exemple européen : au Parlement européen, les députés de notre mouvement siègent au sein de l’ADLE, l’Association des Démocrates et Libéraux Européens, au centre, entre les députés du PSE (Parti Socialiste Européen) et ceux du PPE (Parti Populaire Européen). Ils apportent leur soutien aux décisions qui leur semblent justes, et de ce fait, font pencher la balance à droite ou à gauche en fonction des dossiers.

Etre un élu du centre, sans être inféodé à la gauche ou à la droite, c’est revendiquer l’indépendance : l’indépendance de porter ou de rejeter un projet selon sa justesse, sa nécessité, sa pertinence.
Voter pour un élu du centre, c’est donner à la vie démocratique la chance de fonctionner au plus près des besoins de la société, car le vote d’un élu du centre ne sera pas dicté par une discipline de parti mais par le sens du bien commun, issu du travail collectif avec tous les partenaires de la vie en société.

L’exemple des institutions européennes prouve que la position centriste, centrale, est tenable et réaliste.

Vous, journalistes, avez une grande responsabilité dans la défense du pluralisme en politique. Vous avez la possibilité de valoriser cette position, pour une gouvernance intelligente, non dogmatique, guidée par le sens de la chose commune.
Donc ne laissez pas entendre que nous penchons à doite ou à gauche, que nous sommes contre tel ou tel candidat.
Je revendique d’être au centre, indépendante. Et je compte sur vous pour le dire !

En guise de conclusion, je vous donne rendez-vous dans une dizaine de jours pour vous présenter mon remplaçant. Je n’en dirai rien aujourd’hui, je vous réserve la surprise. Je suis sûre que vous serez curieux de cette surprise !
Et ensemble nous vous présenterons les grands axes de notre démarche.

A Saint-Benoît, le 22 janvier 2011
Anne Benéteau Péan

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